Le monde de l’art est en deuil. Le sculpteur Sylvain Subervie s’est éteint, hier, laissant une empreinte profonde dans la sculpture contemporaine. Maître du fer forgé et artisan d’une élégance rare, il fut également un ambassadeur passionné de la culture malgache sur la scène internationale.
Installé à Madagascar depuis plus de trente ans, il entretenait avec la Grande Île un lien intime, à la fois charnel et spirituel. Antananarivo, où se situait son atelier, était devenu son port d’attache créatif, son véritable « lieu de parole». C’est là qu’il concevait et façonnait ses œuvres monumentales, en collaboration étroite avec des artisans locaux, valorisant les matériaux malgaches et les savoir-faire traditionnels.
Son engagement artistique et son exigence constante dans le dialogue des cultures ont été salués par sa nomination au rang de Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, distinction honorant une carrière placée sous le signe de l’excellence et du rayonnement culturel.
Issu de l’univers de la mode, Sylvain Subervie s’est ensuite tourné vers la sculpture, où il a révélé une maîtrise exceptionnelle de la matière. Dans ses mains, l’acier perdait sa rudesse pour devenir dentelle, mouvement et poésie. Dompteur de métal, il s’est imposé comme l’une des figures majeures du fer forgé contemporain.
Ses œuvres emblématiques – Le Banc de Poissons, Les Guerriers Boucliers, L’Embouteillage ou encore Le Vertige de la Cour – témoignent d’une fascination pour la nature et d’une lecture profondément humaniste du monde. À travers des objets du quotidien sublimés, il exprimait la liberté, la noblesse et la fragilité de l’existence.
Cassie Ramiandrasoa
