Après le passage dévastateur du cyclone Gezani à Madagascar, la Commission de l’océan Indien a déclenché une réponse régionale d’urgence, avec un appui matériel d’une valeur de 1 milliard 177 millions d’ariary. Face à l’intensification des catastrophes climatiques, la solidarité régionale s’impose comme un enjeu vital.
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| Photo de citoyens qui prêtent main forte aux autorités pour le dégagement de l’axe Toamasina - Fenoarivo Atsinanana. |
Action solidaire. En écho à l’appel à la solidarité internationale lancé par Madagascar, suite au passage du cyclone Gezani, le Secrétariat général de la Commission de l’océan Indien (COI) a immédiatement activé ses leviers de coopération.
“Le Secrétariat général de la Commission de l’océan Indien réitère sa profonde solidarité envers le peuple et les autorités de la République de Madagascar, durement touchés par le passage du cyclone Gezani. Cette catastrophe rappelle que seule une coopération régionale renforcée permettra de consolider durablement la résilience face à l’intensification des risques climatiques”, rapporte un communiqué de l’organisation régionale publique, hier.
Dans une déclaration précédente, Edgard Razafindravahy, secrétaire général de la COI, a fait part de son soutien à la population malgache et particulièrement aux familles endeuillées et aux sinistrés. “Nos pensées vont aux familles touchées et aux populations sinistrées. La COI se tient aux côtés de Madagascar et réaffirme son engagement en faveur de la solidarité régionale”, a-t-il déclaré.
Au-delà du plaidoyer, l’organisation régionale déploie un appui matériel d’urgence d’une valeur de 1 milliard 177 millions d’ariary, afin de renforcer les capacités d’intervention du Bureau national de gestion des risques de catastrophes (BNGRC). Cet appui s’inscrit dans le cadre du projet Renforcement de la résilience et gestion de la réponse aux catastrophes dans l’océan Indien (RDRM), soutenu par l’Union européenne (UE). Ce projet vise justement à améliorer la préparation, la coordination et la réponse des États de la COI face aux catastrophes naturelles.
Sur le long terme
Le renforcement des institutions nationales de gestion des crises comme le BNGRC, l’amélioration des systèmes d’alerte et la mutualisation des moyens à l’échelle régionale figurent dans la panoplie du RDRM. Les dégâts provoqués par le cyclone Gezani rappellent justement la vulnérabilité des États insulaires de l’océan Indien face aux catastrophes naturelles, et l’importance de la solidarité régionale.
Ainsi, parmi les matériels déployés par la COI figurent des équipements informatiques complets destinés au centre opérationnel du BNGRC, afin d’assurer le suivi des opérations de secours en temps réel. Une vedette à coque planante avec moteur hors-bord vient également renforcer les capacités d’intervention des premiers secours sur le terrain. Du mobilier et des dispositifs électriques garantissant la continuité des opérations en situation de crise font aussi partie du lot. Deux livraisons d’équipements complémentaires sont attendues d’ici la fin du mois de février.
“L’engagement de la COI s’inscrit aussi dans le temps long de la prévention et de la préparation. À travers le projet Hydromet, soutenu par l’Agence française de développement (AFD), le Fonds vert pour le Climat et l’UE, le système de prévision météorologique de Madagascar est en cours de modernisation”, ajoute le communiqué de l’organisation régionale. Durant cette année 2026, des équipements de pointe doivent ainsi être livrés à Madagascar, afin de renforcer durablement les capacités nationales d’alerte précoce.
Par ailleurs, la COI agit également pour prévenir les impacts sanitaires des catastrophes naturelles. À travers le réseau SEGA – One Health soutenu par l’AFD, elle appuie la prévention, la surveillance et la riposte face aux risques sanitaires, y compris ceux susceptibles d’être aggravés par les effets du changement climatique, contribuant ainsi à une approche intégrée de la résilience régionale, explique-t-elle dans son communiqué.
Le réseau SEGA – One Health est d’ailleurs en alerte grâce à son système régional de partage d’informations, permettant une veille sanitaire renforcée. Des épidémiologistes de terrain formés dans le cadre du programme FETP ou “Field Epidemiology Training Program” pourront être mobilisés, aux côtés d’agents communautaires formés, afin de soutenir la détection précoce et la réponse rapide au plus près des populations. Cette approche intégrée constitue, pour la COI, un pilier essentiel de la résilience régionale face aux chocs climatiques.
Garry Fabrice Ranaivoson
