CLAUDIA RABETSIVOH - INTERVIEW EXCLUSIVE - « Être une femme entrepreneure est un challenge quotidien »

Responsabilité, travail et résultats avant la quête de reconnaissance guident l’action. L’objectif est de renforcer la place de l’entrepreneur malgache à travers une dynamique d’échanges interrégionaux et de collaboration. Cette vision s’appuie sur la mise en place d’une plateforme dédiée au soutien des secteurs prioritaires tels que l’agribusiness, la fiscalité, la douane, l’industrie, le commerce et la logistique. Telle est la vision de la première femme élue présidente du Fivmpama.

L’Express de Madagascar: Vous êtes la première femme à présider le Fivondronan’ny Mpandraharaha Malagasy (Fivmpama). Que représente cette élection pour vous personnellement et pour l’entrepreneuriat féminin à Madagascar ?

Claudia Rabetsivoh : C’est un défi dans un environnement patriarcal. Je le prends surtout comme un chemin pour faire évoluer l’entrepreneuriat. Être une femme entrepreneure a toujours été un challenge au quotidien et nous, femmes entrepreneures au sein du Fivmpama ou ailleurs, sommes une inspiration pour celles et ceux qui veulent emprunter cette voie.

Quelles seront vos priorités ?

Le chantier est vaste. Nous resterons terre à terre quant aux approches que nous définirons.

Quelle transformation souhaitez-vous lancer au sein du Fivmpama durant votre mandat ?

Que le nombre d’entrepreneurs malgaches augmente et qu’ils se sentent plus forts, car ils font partie de la Fivmpama.

Le Président a demandé au secteur privé d’aligner ses objectifs avec ceux de l’État. Est-ce possible ?

Tout État, surtout insulaire comme Madagascar, est composé au minimum d’acteurs tripartites : l’État, la communauté et le secteur privé. Le « Toko telo mamasa nahandro », comme on dit en malgache. La politique de l’État agit comme éclaireur, la communauté comme bénéficiaire et le secteur privé comme générateur. Je dirais donc que la réponse est dans la question. Les résultats attendus doivent converger, et il serait difficile de prétendre à une évolution efficiente sans l’intégration concrète de toutes les parties prenantes.

Peut-on dire que le Fivmpama a atteint ses objectifs ?

Avant de répondre, je tiens à réitérer mes remerciements au past-président Rivo, aux vice-présidents et aux administrateurs pour tout ce qui a été entrepris. Comme expliqué par le président sortant, plusieurs réalisations ont été accomplies: le Méso Capital, le CGA, les projets pour la miellerie, les AP 12, etc. Certaines sont encore en cours et nous allons continuer ensemble. Telle est l’évolution qui prévaut, tels sont les objectifs.

Quel est le véritable obstacle à une bonne entente entre l’État et le secteur privé ?

Les assises, les comités et les dialogues public-privé interviennent dans la recherche de solutions. Comme indiqué dans ma première réponse, l’État et le secteur privé doivent travailler dans la même direction. En tant qu’éclaireur, modérateur et facilitateur, l’État doit trouver avec le secteur privé la meilleure manière d’inciter à l’entrepreneuriat.

Que préconise le Fivmpama pour alléger les taxes et impôts ?

Le Fivmpama propose et cherche comment inciter l’entrepreneuriat, surtout dans le secteur formel. C’est l’État qui a la prérogative d’apporter des allègements. Les dialogues public-privé sont l’une des plateformes pour discuter de ces incitations.

 Garry Fabrice Ranaivoson 

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