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| Des éléments de la Gendarmerie avec leur béret noir, durant le défilé militaire au stade Barea, Mahamasina, le 26 juin 2024. |
Une introspection. Après l’armée, c’est donc au tour des bérets noirs de prendre le temps pour cogiter et s’accorder sur les recommandations dont ils vont faire part durant la concertation nationale.
Le top départ des assises nationales de la Gendarmerie nationale sera donné ce jour au Centre de conférences international (CCI), Ivato. À l’instar de celles de l’armée, ces assises seront menées dans toutes les circonscriptions de la gendarmerie.
« L’un des points de réflexion sera : comment redresser les erreurs que nous aurions pu avoir commises et les éventuels dysfonctionnements, mais aussi comment rétablir et renforcer la confiance de la population envers la gendarmerie», explique Marima Bama, ministre déléguée à la Gendarmerie nationale.
La gestion de la crise de septembre et octobre 2025 a particulièrement mis à mal l’image des bérets noirs. Les cas de violence contre les manifestants attribués à des éléments des bérets noirs, notamment à des hommes du Groupement de sécurité et d’intervention spéciale (GSIS), ont amené une partie de l’opinion publique à assimiler ce corps à une force répressive. Depuis la fin des manifestations et l’entrée en scène du pouvoir de la refondation, il a été constaté que les gendarmes ont été relativement en retrait dans les actions de maintien de l’ordre en zone urbaine.
L’engagement politique du général retraité Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, et son immixtion présumée dans le commandement de la Gendarmerie nationale, bien qu’il ait déjà été retraité, pourraient également avoir contribué à donner une image partisane de ce corps.
Dispositions légales
Outre rassurer sur les questions d’ordre politique afin de rétablir la confiance des citoyens, tout comme l’armée, il s’agit aussi de rassurer ses éléments. Dans les rangs des gendarmes, certains seraient frustrés par rapport à la situation actuelle. La gendarmerie pourrait également profiter de ces assises pour définir clairement son rôle au sein des Forces de défense et de sécurité (FDS). Le double statut des bérets noirs fait qu’il est difficile pour les profanes de cerner leurs réelles attributions.
Avec l’armée, les gendarmes composent les Forces armées, qui ont comme vocation première la défense nationale. Toutefois, les bérets noirs ont aussi un statut d’officier de police judiciaire. À l’instar de la police, ils peuvent mener des enquêtes, procéder à des arrestations et ont également une responsabilité en termes de maintien de l’ordre. Pour les profanes, les policiers sont surtout chargés des zones urbaines et les gendarmes des zones rurales.
Par ailleurs, les dispositions légales et les décisions de la hiérarchie politique ont également fait que les bérets noirs se soient souvent retrouvés en première ligne lors des manifestations.
« La Gendarmerie nationale est une force instituée pour veiller à la sûreté publique, assurer le maintien de l’ordre et l’exécution des lois réglementaires afin de protéger les institutions, les personnes et les biens. Une surveillance continue, préventive et répressive, constitue l’essentiel de son service », indique l’article premier du décret portant règlement sur le service de la gendarmerie.
Par ailleurs, il semble que durant plusieurs années, il y a eu une confusion dans l’application du décret instituant l’Organe mixte de conception (OMC), qui contient également les dispositions sur l’État-major mixte opérationnel (EMMO). Sur le terrain, le lead semble avoir été dévolu à la gendarmerie, alors que l’article 8 du décret, qui date de 1984, prévoit qu’en ville, c’est la police qui doit être en première ligne pour mener les manœuvres, et les gendarmes pour les campagnes ou les villes dépourvues de commissariats.
Garry Fabrice Ranaivoson
