À Antsiranana, le climat se tend de nouveau autour de la gestion des activités portuaires. Le différend opposant la CMPDS (Coordination des manœuvres au port de Diégo-Suarez) et le KMT (Komity Miaro ny Tolona) a franchi un nouveau palier, malgré une tentative de médiation engagée par les autorités civiles et militaires locales.
Ces deux organisations regroupent respectivement des dockers et des manutentionnaires qui travaillent quotidiennement au port depuis des années, lors des escales des navires thoniers. Cependant, depuis la fin du mandat du bureau de la CMPDS, l’année dernière, et l’avènement de la refondation dans le pays, la gestion des activités portuaires est devenue plus complexe. À mesure que les intérêts se diversifient et que les revendications se multiplient, l’équilibre institutionnel semble fragilisé.
Face à la montée des tensions, des personnalités politico-administratives de la région Diana ont organisé une concertation réunissant les deux camps afin de trouver un terrain d’entente et de préserver la stabilité sociale dans la ville portuaire. Mais ces derniers mois, plusieurs points de friction sont apparus. À l’issue des discussions successives, un schéma de répartition des rotations lors des escales de navires a été proposé : deux tours pour la Coordination des manœuvres et un tour pour le KMT, bien que ce dernier ne soit pas intégré au dispositif officiel en vigueur. Cette proposition a été formalisée dans un procès-verbal, mais elle n’a pas convaincu la Coordination. « Un courrier reçu le 19 février viendrait contredire les résolutions adoptées en décembre dernier », a souligné Alexandre Mananjara, samedi dernier.
La structure dénonce aujourd’hui un revirement assimilé à une pression injustifiée. Ses membres affirment s’opposer fermement à toute tentative d’imposition qu’ils jugent arbitraire.
Dans une réaction ferme, ils contestent la légitimité de cette répartition. L’organisation, légalement constituée depuis 2020, estime que la coordination des activités au port relève exclusivement de sa compétence. Elle considère qu’aucune autorité ni aucun autre groupe ne devrait interférer dans l’organisation interne du travail portuaire.
« Si les décisions initiales ne sont pas respectées, la situation risque de se détériorer », préviennent certains membres, laissant planer la menace de nouvelles tensions. Interrogé sur ce conflit, le chef de région par intérim, Jafimanjo, a expliqué qu’il s’agissait simplement d’une proposition de mesures provisoires et urgentes, en attendant de trouver une solution durable, car les deux parties ne parviennent toujours pas à s’écouter ni à s’accorder sur une même position.
« Nous ne nous immisçons nullement dans l’organisation des tours au port. La proposition avancée n’est qu’une mesure transitoire, dictée par l’urgence, en attendant l’émergence d’une solution pérenne », explique-t-il.
Raheriniaina