ANTSIRANANA - Les Nations Unies plaident pour un processus électoral crédible

En visite dans la capitale du Nord, une délégation des Nations Unies a enchaîné, hier (lundi), une journée marathon marquée par une succession de rencontres institutionnelles et d’échanges avec les acteurs locaux. Une immersion intense destinée à prendre le pouls des réalités de la région.

Des représentants des organisations féminines et des jeunes ont pu exprimer  leurs frustrations à la délégation de l’onu.

Cette délégation de quatre responsables au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU), conduite par Simon-Pierre Nanitelamio, directeur adjoint au sein de la division de l’assistance électorale, département des affaires politiques et de la consolidation de la paix, est en train d’effectuer une mission d’évaluation des besoins électoraux, déployée par le secrétaire général de l’ONU à Madagascar. Ce, en réponse à une requête que ce dernier a reçue des autorités actuelles, pour étudier les modalités d’éventuel accompagnement du processus de refondation par les Nations Unies, qui va conduire jusqu’aux élections dans quelques mois, selon le calendrier établi par le pouvoir actuel. Ils séjournent à Madagascar depuis le 28 janvier, et leur mission se termine le 13 février prochain.

Après la capitale, ils ont mis un choix particulier sur la région Diana, la seule parmi les vingt-quatre régions de Madagascar. Selon les explications, l’objectif était de ne pas se contenter seulement d’avoir la perspective de la capitale, parce qu’il y a des particularités et des différences parfois entre la capitale et les régions, et ils ont estimé qu’il était bien d’aller au moins dans une région.

« Le choix du Nord s’est imposé surtout pour des questions logistiques, parce que c’était l’endroit où on pouvait aller assez rapidement et revenir sur Antananarivo, sans perdre beaucoup de temps, parce que malheureusement, nous n’avons pas beaucoup de temps », a souligné le chef de la délégation onusienne.

Rencontre et échange

En échangeant avec toutes les parties prenantes, elle espère avoir une meilleure compréhension des choses, comment elles se présentent actuellement. Ils ont essayé d’identifier les principaux défis, les contraintes et les besoins exprimés par les parties prenantes en termes d’accompagnement afin de mieux accompagner Madagascar dans ce processus de refondation qui se termine par les élections, la dernière phase du processus.

Dès les premières heures de la matinée, la délégation a entamé son programme par une rencontre avec les autorités administratives et les responsables régionaux lors d’une visite conjointe chez le préfet Lucien Mananjara. Les échanges ont porté sur les priorités et défis locaux pour que le pays puisse sortir de ce processus de transition de la manière la plus ordonnée possible et que les élections qui soient organisées puissent permettre un retour apaisé à l’ordre constitutionnel.

La journée s’est poursuivie par un passage à la mairie où les émissaires onusiens ont tenu une réunion en huit clos avec le maire Jean-Luc Djavojozara.

Puis la matinée s’est terminée par un rendez-vous avec des représentants des organisations féminines et des associations de jeunes, acteurs de premier plan dans la vie sociale et citoyenne d’Antsiranana. Cette rencontre a été encore plus intense, car elles ont saisi cette occasion en or pour exprimer leur frustration et leur mécontentement face aux obstacles qui les excluent du processus électoral. Pour elles, le paiement de caution trop élevé entraîne une élimination directe dès le départ, faisant de l’élection un terrain réservé aux hommes.

À cette rencontre avec les délégations des Nations Unies ont également participé des personnes en situation de handicap, qui ont souligné avec force le problème de l’accessibilité, ignoré souvent par les organisateurs électoraux.

Outre la réunion avec des représentants des partis politiques, un temps fort de la visite a été consacré à la rencontre avec les démembrements locaux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), au cours de laquelle le président provincial de la CENI, Leonard Fenozandry, a mis en évidence le manque de moyens pour faire remonter les doléances depuis les régions et le fait que les décisions restent toujours centralisées.

Malgré un agenda particulièrement chargé, les responsables onusiens ont souligné l’importance de cette mission ciblée.

Raheriniaina

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