SONDAGE DU CCOC - La crise de confiance envers les acteurs politiques persiste

L’organisation de la société civile CCOC a publié les résultats d’un sondage, hier. Les chiffres montrent que la crise de confiance des citoyens vis-à-vis des acteurs politiques persiste.

Les manifestations en septembre et octobre avaient suscité de nouveaux espoirs.

Une crise de confiance. C’est ce qui ressort des résultats d’un sondage mené par le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC), en novembre, et publié hier. Les réponses des personnes sondées montrent une absence de confiance des citoyens vis-à-vis de la classe politique.

Le CCOC est une organisation de la société civile qui travaille dans le domaine de la bonne gouvernance et de la politique publique. Selon les explications, ce sondage a été mené « pour avoir la perception des habitants sur la situation politique, économique et sociale afin d’avoir une compréhension factuelle de la situation». Le but étant « d’éclairer les décisions publiques et de connaître les perceptions et réalités vécues par les citoyens ».

Les résultats publiés hier découlent de questions posées à un échantillon d’un peu plus de mille deux cents personnes réparties dans les six arrondissements de la capitale. Le CCOC a fait le parallèle avec les résultats d’un précédent sondage mené sur un échantillonnage similaire. Le constat est sans appel. Reconquérir la confiance de la population reste un des grands défis des acteurs politiques, du moins à Antananarivo. Les chiffres indiquent aussi que la situation ne s’est pas améliorée malgré le changement de pouvoir.

Questions sur les manifestations

À la question sur la confiance aux dirigeants actuels, 57,2 % des réponses sont négatives. Un chiffre en nette hausse par rapport au mois de février. Sur celle sur la confiance envers l’opposition en général, 59,4 % sont des réponses négatives. Un pourcentage proche de celui de février. Sur la confiance envers les Forces armées, 45,5 % ont répondu positivement et il y a 44 % de réponses négatives. « Une augmentation considérable de 7,2 points d’écart sur les réponses négatives est constatée entre les deux périodes », ajoute toutefois le rapport sur ce point.

Contrairement aux vives critiques dont il fait l’objet sur les réseaux sociaux ces derniers temps, le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) bénéficie toujours de la confiance d’une grande partie des personnes sondées. « Un taux de 70,9 % de répondants affirment avoir confiance au FFKM », rapporte le CCOC. Des questions posées dans ce sondage mené dans la capitale concernent aussi les manifestations de septembre et octobre.

À la question « avez-vous sympathisé avec le mouvement populaire qui a commencé le 25 septembre 2025 ? », le CCOC rapporte que 61,5 % des personnes enquêtées ont répondu non. Sur la participation aux manifestations, « une majorité de 87,4 % des cibles ont affirmé ne pas avoir participé au mouvement populaire qui s’est déroulé au mois de septembre 2025 », affirment les résultats publiés hier. « Approuvez-vous le changement de pouvoir qui s’est opéré le 14 octobre 2025 ? » fait aussi partie du questionnaire, avec 58,7 % de réponses négatives.

Toutefois, 65,2 % des personnes sondées sont favorables à un changement de Constitution. Pareillement, une majorité de 64,3 % sont favorables à la refondation. Par ailleurs, au regard des résultats publiés par le CCOC, les influenceurs et la GEN Z souffriraient aussi de cette crise de confiance vis-à-vis des citoyens, avec 61,4 % de réponses négatives pour les influenceurs et 52,2 % de non à la question sur la confiance envers la GEN Z.

Garry Fabrice Ranaivoson

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne