La nomination du professeur Eric Jean Sambatra comme directeur général par intérim de l’IST-D suscite une vive contestation. Enseignants et personnels dénoncent un non-respect des procédures.
| Des enseignants contestataires lors d’une déclaration collective. |
La contestation monte d’un cran à l’Institut Supérieur de Technologie de Diego (IST-D). Une grande partie des enseignants ainsi que du personnel administratif et technique de l’établissement ont décidé de durcir le ton pour exprimer leur opposition à la récente nomination du directeur général par intérim, Eric Jean Roy Sambatra.
Le malaise a débuté lors de la nomination de ce dernier au conseil des ministres du 8 janvier. Une désignation que les contestataires jugent contraire aux textes en vigueur et intervenue en dehors des principes et des dispositions légales qui régissent l’enseignement supérieur public.
Comme le mandat du directeur général sortant, Briand Tsimitamby, s’était terminé en décembre dernier, le conseil d’administration de l’IST-D a procédé au lancement d’un appel à candidature le 14 novembre 2025. Cette démarche a été suivie d’une réunion des membres du conseil et d’entretiens avec les candidats le 28 décembre, conformément à la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour appliquer l’article 13 du décret 2017-514 portant réorganisation de l’IST de Madagascar.
Conformément à ce décret, le conseil d’administration a sélectionné trois candidats au poste de directeur général, choisis parmi les enseignants permanents de l’IST et titulaires au minimum du grade de maître de conférence.
Lors du vote à bulletin secret des membres, le docteur Briand Tsimitamby a obtenu six voix sur sept, le docteur Giron Kamonja une voix, tandis que le professeur Eric Jean Sambatra n’a reçu aucun vote.
Le conseil d’administration a donc transmis au ministère le nom du candidat ayant recueilli le plus de voix. Pourtant, c’est la personne n’ayant obtenu aucun vote qui a été nommée, provoquant une vive contestation qui a conduit à la fermeture des salles de classe et à la soudure de certaines portes métalliques.
Violation
« Nous n’acceptons pas la nomination du directeur général par intérim, celle-ci constituant une violation des textes en vigueur. La personne nommée a pourtant été candidate au concours pour ce poste et n’a obtenu aucune voix de la part des membres du conseil d’administration, alors que trois candidats étaient en lice », ont déclaré les enseignants contestataires, représentés par Odilon Tongalaza, lors d’une déclaration collective tenue à l’Hôtel de la Poste.
Ils ont ajouté que cette déclaration vise à rétablir la vérité, estimant que le ministère pourrait avoir été mal informé lors de la nomination. En revanche, ils ont affirmé qu’ils respectent et acceptent les décisions prises par le conseil d’administration, lesquelles, conformément à la loi, doivent être transmises au conseil des ministres.
Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice, ils demandent l’abrogation du nouveau décret. Ils souhaitent l’intervention en faveur de la remise en ordre des choses pour ne pas risquer d’envenimer l’atmosphère dans la société antsiranaise.
La situation s’est considérablement tendue avec l’entrée en scène des notables et des autorités coutumières regroupés au sein de l’association SIRFA, ou « Sehatra Itambaran’ny Ray aman-drenin’Antsiranana », présidée par le professeur Jean de Dieu Kalobotra, y compris des chefs des communautés traditionnelles et des rois issus des districts d’Ambilobe et d’Ambanja, qui se sont joints au mouvement de contestation. Ensemble, ils ont déjà signé une lettre dénonçant l’acte jugé irrégulier du ministre de l’Enseignement supérieur, adressée aux instances dirigeantes du pays.
Selon les explications du président de cette organisation, il ne s’agit nullement d’une prise de position fondée sur des considérations personnelles ni d’une quelconque exclusion, mais d’une exigence de respect strict de la légalité dans la nomination de responsables dont dépend l’avenir de toute une région.
Il est à noter que la passation de service entre les deux parties est prévue ce mercredi.
Raheriniaina