De la science-fiction. Dans un monde de fous, le rappel à l’ordre du Ministère de l’Économie et des Finances semble tellement surréaliste. De quoi y est-il sujet ? Haro sur les travaux non-conformes, les réceptions complaisantes, les dépenses injustifiées. Exigence d’infrastructures solides, durables, et à impact sur le quotidien de la population. Nécessité de contrôle des dépenses, de suivi des travaux, de rigueur dans la réception.
Rappeler des règles élémentaires. Ce pays est donc tombé si bas qu’il faille en arriver là. Le résultat d’une parenthèse funeste ouverte par le coup d’État de 2009. La débandade d’un barrage érigé en dépit des règles de l’art mais réceptionné malgré tout, et dans des conditions certainement louches qu’il faudra mettre sous l’audit des projecteurs, n’est que l’énième grotesquerie du pire régime depuis 1960.
Dire qu’il s’en trouve encore des thuriféraires de tant de conneries. Qui prétendent revendiquer un ruban d’asphalte de huit petits kilomètres pompeusement baptisé du nom d’autoroute parce qu’il fallait coûte que coûte inaugurer une plaque «Fait par des Africains, pour des Africains». Des Africains dans le Laniera ? Introuvables sinon uniquement pour un Sommet SADC et ses éléments de langage.
Le barrage hydro-agricole qui s’est effondré à la première poussée d’eaux menace désormais plusieurs hectares en aval. D’autres rizières nourricières sont accidentellement remblayées par des coulées de boue non sécurisées de part et d’autre de cette foutue «autoroute» sans études d’impact environnemental.
De communiqués de simple bon sens, comme celui-ci du Ministère des Finances, il va en falloir pour inventorier l’impensable, additionner le passif et présenter la facture à un régime coupable dont les derniers survivants voudraient s’ériger en martyrs.
Nasolo-Valiavo Andriamihaja