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| La deuxième édition du Village des Structures d’Accompagnement à l’Entrepreneuriat (SAE), organisée à la Cité des Cultures Antaninarenina. |
Riche en initiatives et en talents, l’écosystème entrepreneurial malgache existe bel et bien, mais sa structuration reste incomplète. Ce constat a été partagé lors des échanges de la deuxième édition du Village des Structures d’Accompagnement à l’Entrepreneuriat (SAE), organisée à la Cité des Cultures Antaninarenina. Malgré la présence de nombreux dispositifs d’appui, la coordination des acteurs, l’accès au financement et la pérennité des entreprises demeurent des défis majeurs pour transformer le potentiel en croissance durable.
Selon les chiffres communiqués par Madagascar SAE, « 35 structures d’accompagnement à l’entrepreneuriat sont actuellement recensées », dont « dix en cours de validation pour leur intégration au réseau ». Créée il y a un an et demi, l’association Madagascar SAE assure le suivi de la qualité des services proposés par ces structures.
L’écosystème couvre l’ensemble du parcours entrepreneurial, avec des acteurs spécialisés dans la sensibilisation, la formation et le diagnostic stratégique, l’incubation et l’accélération. « Il existe des programmes standards, mais chaque incubateur a sa propre spécificité », explique Tandrify Fialofana Randriamoramanana, président de Madagascar SAE. Les secteurs les plus soutenus par les bailleurs restent l’agribusiness, suivi par les industries culturelles et créatives.
Le développement de cet écosystème bénéficie notamment d’un projet financé par l’Union Européenne et mis en œuvre par l’Onudi, qui assure un appui technique sur une durée d’un an. Mais l’approche des bailleurs évolue. « Il ne s’agit plus seulement de donner des fonds, les partenaires attendent désormais des projets capables de s’adapter au marché », souligne le président de Madagascar SAE.
Lors de l’événement, l’ambassadeur de l’Union Européenne à Madagascar, Roland Kobia, a rappelé le poids stratégique de la jeunesse dans ce processus.
« Madagascar compte plus de deux tiers de sa population âgée de moins de 35 ans », a-t-il indiqué, soulignant que cette réalité constitue « une opportunité majeure, mais aussi une responsabilité ». L’Union Européenne a récemment renforcé son appui avec le lancement du projet Acte, doté de « 30 millions d’euros », dédié à l’amélioration du climat des affaires et au soutien du secteur privé.
Malgré ces appuis, la fragilité des entreprises reste élevée. « Beaucoup d’entreprises cessent leurs activités au bout de deux ans », constate Madagascar SAE. Le principal blocage demeure l’accès au financement, même pour les entrepreneurs accompagnés.
Si l’écosystème est jugé prêt, il doit désormais être dynamisé par un cadre des affaires plus lisible, des mécanismes de réduction des risques pour rassurer les investisseurs et des solutions de financement adaptées, afin de transformer ce potentiel entrepreneurial en moteur durable de développement économique.
Irina Tsimijaly
