PROFESSEUR MAMY RANDRIAMARO - « Il faut agir rapidement »

Le Professeur Mamy Randriamaro, Incident Manager et porte-parole du ministère sur le dossier Mpox.

Comment prenez-vous en charge les personnes qui présentent des symptômes ou qui pensent être malades ?

Il faut agir rapidement pour éviter la propagation de l’épidémie. Il ne faut pas attendre qu’un cas soit confirmé. Dès qu’une personne présente des symptômes suspects, elle doit être orientée vers un centre de soins et isolée afin d’éviter de contaminer d’autres personnes. Une seule personne infectée peut potentiellement transmettre le virus à une vingtaine d’individus.

Peut-on se rendre directement dans un centre de soins si l’on pense être malade ?

Oui, mais il y a d’abord une consultation initiale. C’est le médecin qui confirme si les symptômes sont préoccupants. Si un cas suspect est identifié, un prélèvement est effectué pour les tests.

Quels sont les principaux symptômes de la variole du singe ?

Les premiers signes sont généralement la fièvre. Le patient peut ressentir des douleurs généralisées, des maux de tête, un mal de gorge et parfois une augmentation du volume des ganglions. Les éruptions cutanées commencent par de petites taches sur la peau, qui s’étendent progressivement et peuvent évoluer en lésions ouvertes. Il n’y a pas toujours de fièvre : certaines personnes présentent uniquement des éruptions cutanées.

Quelles précautions doivent prendre les personnes malades ?

Même après la guérison, une personne peut encore transmettre le virus, car celui-ci reste présent dans certaines sécrétions pendant environ douze semaines. Il est donc recommandé d’éviter les relations sexuelles durant cette période afin de protéger son entourage.

Comment se transmet le virus ?

Le virus Mpox de type clade Ib se transmet par contact très rapproché : contact peau à peau, contact avec les lésions ou avec des objets contaminés par le patient. Les relations sexuelles constituent un vecteur important de transmission, les lésions apparaissant fréquemment au niveau des parties génitales. Les préservatifs ne protègent pas totalement contre le virus, et une abstinence temporaire est fortement recommandée.

Quelle est la durée de la maladie et quel est le traitement ?

La maladie dure généralement de deux à quatre semaines. Les enfants malnutris et les personnes vulnérables nécessitent une attention particulière. Les médicaments disponibles permettent de traiter les symptômes. Un vaccin contre le Mpox est également accessible, dans le cadre des procédures prévues par les centres de soins.

Qui est le plus touché par cette épidémie ?

La majorité des patients sont de jeunes adultes, âgés en moyenne de 23 ans, sexuellement actifs. Toutefois, des enfants ainsi que des adultes autour de 40 ans peuvent également être infectés.

Que doivent faire les personnes ayant été en contact avec un patient ?

Les personnes contacts doivent rester confinées à domicile pendant 21 jours. Elles ne doivent pas se déplacer, mais peuvent obtenir un certificat médical à présenter à leur employeur ou à leur établissement scolaire. Ces certificats de mise en quarantaine sont délivrés gratuitement, aussi bien pour les patients que pour les contacts.

Les ressources actuelles sont-elles suffisantes pour gérer l’épidémie ?

Nous essayons de mobiliser suffisamment de moyens pour freiner rapidement la propagation. Si l’épidémie s’étend, la situation pourrait devenir plus difficile, car un grand nombre de personnes contacts devra rester confinée à domicile.

Mialisoa Ida 

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