L’ancien président du Sénat et l’ancienne ministre de l’Éducation nationale ont été successivement présentés aux juges, hier. Suite à cette première comparution, tous deux ont été placés en détention préventive.
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| Le général retraité Richard Ravalomanana et la députée Marie Michelle Sahondrarimalala sont placés en détention préventive. |
Le couperet est tombé. Les deux informations se sont enchaînées à environ deux heures d’intervalle, hier soir. Le général retraité Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, et la députée Marie Michelle Sahondrarimalala, également ancienne ministre de l’Éducation nationale, ont été placés en détention provisoire.
L’officier général à la retraite est incarcéré à la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika. Son mandat de dépôt a été acté à la suite d’une comparution, hier, devant «un juge d’instruction» du tribunal de première instance (TPI) d’Antananarivo. Bien qu’il ait un statut d’ancien chef d’institution et même d’ancien chef d’État par intérim, le dossier de Richard Ravalomanana est pris en main par un tribunal de droit commun. L’élue du district de Fianarantsoa I, quant à elle, est en détention à la maison centrale d’Avaradrano, sise à Ambohidrabiby.
Au début de l’affaire, il a été expliqué que les faits qui lui sont imputés ne concernent pas les attributions inhérentes aux anciennes fonctions de l’ex-président du Sénat. Néanmoins, il semble qu’ils se soient déroulés durant la période où il était encore aux manettes de la Chambre haute. Dans une déclaration à la presse, hier soir, Narindra Rakotoniaina, procureure de la République près le TPI d’Antananarivo, a indiqué que le général retraité est « accusé de complicité d’homicide et de coups et blessures volontaires ».
À entendre la cheffe du parquet d’Antananarivo, la poursuite judiciaire contre l’ancien patron de l’institution d’Anosy découle « des ordres, des consignes et des incitations qu’il a donnés aux forces de l’ordre d’utiliser la force contre les manifestants [en référence aux manifestations de septembre et octobre] ». La magistrate note aussi que « l’enquête a confirmé les charges qui sont retenues contre lui ». Il a été interpellé à son domicile, à Ambatovinaky, le 27 décembre, après que la Haute Cour constitutionnelle (HCC) a prononcé sa déchéance de son statut de sénateur.
Le général Ravalomanana a d’abord été placé en garde à vue à la Section de recherches criminelles de la gendarmerie, à Fiadanana, puis placé en résidence surveillée. Sa présentation devant le juge, hier, a été faite en catimini. C’est un pick-up de la Gendarmerie nationale, aux vitres fumées, sortant par le portail du côté de la maison des avocats, à 19 heures 30, qui a attiré l’attention des journalistes qui attendaient la comparution de la députée Sahondrarimalala.
Faire opposition
Les avocats de l’ancien chef d’institution n’ont pas souhaité s’exprimer à la presse. Ils ont toutefois fait part de leur étonnement quant au fait que leur client ait été immédiatement présenté devant « un juge d’instruction ». Par ailleurs, après quinze jours de garde à vue, successivement auprès de la police économique et à la brigade criminelle, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale a été présentée devant un magistrat instructeur à la Cour suprême. Une procédure prévue à l’article 512 du Code de procédure pénale, en raison de son statut de magistrate de premier grade.
L’élue du district de Fianarantsoa I est arrivée à la Cour suprême d’Anosy peu avant 20 heures. Elle en est ressortie vers 21 heures 30, avec une forte escorte policière. C’est elle-même qui a annoncé l’issue de sa comparution et les charges qui lui sont imputées, à ses proches venus sur place et sous les objectifs des médias. « Atteinte à la sûreté de l’État, ont-ils dit », a-t-elle lancé avant de s’engouffrer dans un pick-up de la police.
La cheffe du parquet du TPI d’Antananarivo explique qu’à l’instar de douze autres coaccusés, l’ancienne ministre est accusée « d’avoir payé des gens dans le but de fomenter des troubles ». Ses coaccusés sont placés sous contrôle judiciaire. Selon maître Nicaise Chen, avocat de la députée Sahondrarimalala, les faits remonteraient à octobre 2025.
Face à la presse, dans le hall de la Cour suprême, maître Nicaise Chen a par ailleurs affirmé : « Nous avons été stupéfaits puisque, par imprudence probablement, lorsque nous sommes entrés, nous avons vu un mandat de dépôt contre notre cliente, déjà signé. Ce qui veut dire que le mandat de dépôt a été acté bien avant la première comparution de notre cliente. »
Martelant qu’il y a eu « violation grave » du droit à la défense et du principe du contradictoire, il affirme son intention de faire opposition à cet acte dès aujourd’hui.
Les avocats de Marie Michelle Sahondrarimalala dénoncent des vices de procédure partant de la levée de son immunité parlementaire, en passant par sa garde à vue à la brigade criminelle jusqu’à sa comparution, hier. Maître Nicaise Chen qualifie de «détention arbitraire» la garde à vue à la brigade criminelle. Maître Richel Rajaoarifetra, l’autre avocat de la députée, affirme : « Il n’y a pas eu d’enquête sur l’élément matériel pour lequel notre cliente est poursuivie. »
L’ancienne ministre a été interpellée chez elle à l’issue d’une perquisition qui a été faite le 4 janvier de 18 heures à 21 heures, selon ses avocats. Elle a ensuite été enquêtée et gardée à vue par la police économique durant cinq jours, avant d’être gardée à vue à la brigade criminelle jusqu’à hier, « sans avoir été enquêtée », souligne maître Nicaise Chen, qui ajoute : « Le dossier a été ouvert sur la base d’une note de renseignement rapportant qu’elle détiendrait plusieurs milliards chez elle pour financer des troubles. Pourtant, rien n’a été trouvé durant la perquisition. »
Garry Fabrice Ranaivoson

Une très bonne nouvelle pour la lutte contre l'impunité . La justice continue à rehausser son image . Tout subodore que ces deux-là sont de vrais rats comme étant les petites mains faisant les basses besognes de l'autre tyran sanguinaire en fuite à DubaÏ . Nous avons toujours rêvé avec tous ses méfaits de voir Rainilainga atterrir dans sa geôle " manarapenitra " d'Imerintsiatosika et c'est de bonne augure pour la suite avec cette incarcération de ce général psychopathe . Sur le fond de l'affaire on n'a pas besoin d'avoir fréquenté une école de droit pour avoir une appréciation objective comme fin observateur lucide des fais accablant ces deux prédateurs . Laissons-les délirer avec la " vengeance politique " !
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