Les cas de Mpox continuent d’augmenter. Malgré les recommandations des autorités sanitaires, l’application des mesures de prévention reste limitée.
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| Contrôle sanitaire des passagers sur les routes nationales. |
L’épidémie de Mpox continue de progresser dans une quasi-indifférence. Alors que le nombre de cas évolue, avec deux nouveaux cas confirmés à Antananarivo, dix-neuf nouveaux cas suspects et trois cent cinquante cas notifiés c’est-à-dire transmis officiellement au ministère de la Santé à la date du 18 janvier, selon le Centre des opérations d’urgence de santé publique (Cousp), la population semble nier l’existence d’une situation d’urgence sanitaire.
Les gestes barrières destinés à limiter la propagation du virus sont largement ignorés. Dans plusieurs bureaux administratifs, des affiches rendant le port du masque obligatoire sont visibles à l’entrée, mais peu d’usagers s’y conforment. « J’ai vu l’affichage annonçant le port obligatoire du masque sur presque toutes les portes d’un bureau administratif où je me suis rendu ce midi. Pourtant, à part moi, personne, pas même le personnel, n’en portait à l’intérieur », témoigne Safidy Rakotoniaina, usager d’un service public à Tsaralalàna, hier. Cette situation est observée dans la majorité des administrations, où l’on constate également l’absence de dispositifs de lavage des mains.
Dans les transports en commun, le non-respect des mesures barrières reste inchangé. Ni port du masque, ni gel hydroalcoolique, ni dispositifs favorisant la distanciation physique ne sont observés dans les taxi-be.
Difficulté
« Nous continuons avec nos habitudes, car nous n’avons reçu aucune consigne concernant cette épidémie pour le moment, en dehors de la désinfection des véhicules. Cette opération n’a même pas encore commencé », explique Jean Louis Emile Rakotonirina, président de l’Union des coopératives de transport urbain (UCTU). Selon lui, réduire le nombre de passagers afin de respecter une distanciation physique d’un mètre n’est pas envisageable « si le prix du ticket de bus reste au tarif actuel ». Une source au sein de l’Agence des transports terrestres (ATT) confirme la difficulté de mettre en œuvre cette mesure, rappelant que, contrairement à la période de la Covid-19, les élèves fréquentent actuellement les écoles et que la capacité des bus n’a pas augmenté.
Au niveau des marchés, commerçants et consommateurs manipulent produits et argent sans se laver les mains après les échanges, alors que le Mpox peut se transmettre par contact avec des objets contaminés par une personne infectée. « Ce n’est pas dans mes habitudes », confie Myriam Faliniaina, épicière. Beaucoup minimisent encore la gravité de la situation. « Ce n’est pas une maladie qui tue comme la Covid-19 », affirment certains usagers. Pourtant, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que « certaines personnes atteintes de la variole développent une forme grave de la maladie » et que « la variole peut être mortelle dans certains cas ».
Jusqu’au 18 décembre, aucun décès n’a été enregistré, selon le Cousp, tandis que des dizaines de patients ont été guéris et sont sortis de l’hôpital.
Face à cette situation, le ministère de la Santé publique insiste sur l’importance de l’engagement collectif dans la prévention et la lutte contre la variole du singe (Mpox). « Cela inclut le lavage des mains et l’installation des dispositifs de lavage des mains (DLM), qui constituent l’une des principales stratégies pour prévenir la propagation de cette maladie », souligne le ministère.
Miangaly Ralitera
