INONDATIONS - Des sinistrés abandonnés dans l’eau

Les inondations touchent les quartiers bas d’Antananarivo. La commune urbaine ne prévoit aucun site d’hébergement.

Une habitante d’Andavamamba Anjezika II contrainte de baigner ses pieds  dans l’eau à cause de l’inondation.

Voilà plusieurs jours que les habitants des zones basses de la commune urbaine d’Antananarivo (CUA) survivent dans des eaux insalubres. L’eau monte à la suite des pluies récurrentes. De nombreuses habitations sont déjà inondées. Mais les sinistrés n’ont pas quitté leur foyer submergé. Aucun site d’hébergement n’est ouvert, si ce déplacement est courant en cas d’inondations, lors des précédentes années. « La commune a indiqué qu’il n’y aura pas de déplacement des sinistrés vers un site d’hébergement. Elle avait annoncé comme solution l’envoi d’une motopompe pour tarir l’eau. Mais jusqu’à présent, ce matériel n’est toujours pas arrivé. Pourtant, le niveau de l’eau continue de monter », alerte le président du fokontany d’Andavamamba Anjezika I, Jean Louis Rakotondraibe, hier. Dans son fokontany, six cents maisons seraient dans l’eau.

La CUA a indiqué l’impossibilité de monter des sites d’hébergement, cette année, face à la présence de la variole du singe, à Madagascar. « Les sites d’hébergement collectif posent problème dans le contexte d’urgence sanitaire. Le protocole sanitaire interdit de regrouper des personnes en un même lieu, surtout dans des espaces mal ventilés et marqués par la promiscuité », souligne Andry Marius Rasedison, directeur de la Gestion des risques de catastrophes auprès de la CUA.

Motopompes

La CUA a changé de stratégie. « Des motopompes seront mobilisées pour évacuer l’eau dans les zones submergées, afin d’accélérer le drainage et d’éviter l’ouverture de sites d’hébergement», enchaîne ce responsable. Cette décision arrive à point nommé. La plupart des sinistrés ne souhaitent pas quitter leurs cases. 

« Nous préférons rester ici, car c’est épuisant de vivre avec les autres sinistrés. Ce que nous souhaitons, c’est que l’eau soit évacuée », témoigne Claudine Rasoarimalala, habitante du fokontany d’Andavamamba Anjezika II. D’autres ont peur que leurs maisons soient cambriolées s’ils ne restent pas sur place.

Le matériel annoncé n’est pas encore arrivé dans la plupart des zones inondées. « Un drainage a été effectué, dimanche, mais la motopompe a été endommagée pendant l’opération. Ils ont dit de revenir, mais jusqu’ici, ils ne sont pas là », avance Jean Maxime Razafimahatratra, président du fokontany d’Ampangabe.

L’importance d’agir rapidement a été mise en avant. Dans ces quartiers inondés, les habitants placent leur matelas sur la table ou surélèvent leurs lits à l’aide de briques. L’eau commence à affecter leur santé. Leurs pieds sont abîmés, des enfants toussent. L’eau souillée par des matières fécales constitue un risque supplémentaire pour la santé. Des accidents sont également à craindre: des maisons sous l’eau peuvent s’effondrer, des enfants, voire des adultes, peuvent tomber dans l’eau.

Ce drainage serait la seule solution possible pour évacuer l’eau. De grands travaux ne seraient possibles qu’à la période sèche. « Après les actions anticipatoires, si l’ouverture d’un site d’hébergement devient nécessaire, des mesures de précaution seront appliquées pour respecter les protocoles sanitaires en vigueur », indique Andry Marius Rasedison.

Miangaly Ralitera

1 Commentaires

  1. Marco a la solution: faut aller du côté de Dubaï régler des comptes ... et après, tout ira mieux ! En attendant, apprenons vite à nager à nos enfants !!

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