FINANCES - Le FMI conditionne la suite du programme FEC-FRD

La mission technique du Fonds monétaire international (FMI) à Madagascar s’est achevée le 15 janvier, dans le cadre des préparatifs de la prochaine revue du programme FEC-FRD – Facilité élargie de crédit / Facilité pour la résilience et la durabilité.

À l’issue des échanges avec les autorités malgaches, l’institution de Bretton Woods a clairement indiqué que la poursuite du programme sera strictement conditionnée au respect de plusieurs engagements économiques, budgétaires et structurels.

Durant une semaine de discussions, les experts du FMI ont évalué la soutenabilité des politiques publiques, le cadrage macroéconomique pour 2025, les résultats budgétaires en cours et les projections pour 2026, en lien avec l’élaboration d’une loi de finances rectificative. Les échanges ont également porté sur des réformes jugées prioritaires, notamment le redressement de la Jirama, l’ajustement des prix des carburants, la politique monétaire, la situation du secteur extérieur et la gouvernance, avec un accent particulier sur la lutte contre la corruption.

Selon le FMI, la continuité du programme FEC-FRD dépendra notamment d’un accord sur les hypothèses de croissance, du rattrapage des retards observés à fin 2025, ainsi que du renforcement de la mobilisation des recettes publiques. L’objectif affiché est une hausse équivalente à 2,4 % du PIB sur trois ans, considérée comme indispensable au rééquilibrage des finances de l’État.

Du côté des autorités, le ministère de l’Économie et des Finances affirme maintenir le cap des réformes engagées. Le ministre Herinjatovo Ramiarison a indiqué que « le retour progressif de la confiance des partenaires, l’augmentation des recettes internes et la modernisation de la gestion publique constituent des avancées majeures». Il a également insisté sur la nécessité d’une gestion rigoureuse des finances publiques, rappelant que « chaque ariary dépensé doit produire des résultats concrets, mesurables et utiles à la population ».

La mission du FMI a par ailleurs rencontré les principaux acteurs du secteur privé, dans un contexte de croissance ralentie et de forte pression fiscale. Les échanges ont mis en évidence l’importance d’une meilleure prise en compte des préoccupations des entreprises, notamment en matière d’arriérés de paiement de l’État et d’adaptation des lois de finances aux réalités économiques.

Alors que les Assises pour la relance économique doivent s’ouvrir le 19 janvier, le FMI estime que Madagascar se trouve à un tournant décisif, où la crédibilité des engagements et l’exécution effective des réformes détermineront l’avenir du programme FEC-FRD et, plus largement, la trajectoire économique du pays.

Irina Tsimijaly

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