ÉPIDÉMIE - Les cas de Mpox progressent à Antananarivo

La Mpox continue de gagner du terrain à Antananarivo. La région d’Analamanga se classe désormais au deuxième rang des régions comptant le plus grand nombre de cas confirmés.

Le  lavage des mains et le port de masque parmi  les gestes barrières recommandés.

La situation sanitaire se dégrade dans la capitale malgache. Trois nouveaux cas de Mpox ont été confirmés à Antananarivo au cours du week-end, portant à onze le nombre total de personnes infectées dans la région d’Analamanga, dont la majorité se trouve dans la ville d’Antananarivo, indique le COUSP.

Cette progression survient malgré la mise en place de barrages sanitaires sur la Route nationale 4, reliant la capitale à Mahajanga, principal foyer de l’épidémie où les premiers cas ont été signalés. Le barrage sanitaire d’Ankazobe, principale porte d’entrée de la région d’Analamanga, demeure opérationnel. Selon une source concordante auprès du Centre d’Opérations d’Urgence de Santé Publique, toutes les personnes en provenance de Mahajanga, qu’elles voyagent en transport en commun ou en véhicule particulier, y sont soumises à des contrôles sanitaires.

« Mais aucun cas n’a été détecté depuis son ouverture», précise cette source. Ces contrôles se limitent essentiellement à la prise de température et à la recherche de lésions cutanées visibles. Or, certaines éruptions peuvent passer inaperçues, notamment celles localisées sur les parties intimes. Par ailleurs, l’absence de fièvre ou la période d’incubation, pouvant aller jusqu’à 21 jours, compliquent fortement le dépistage précoce.

Aucune consigne

À Antananarivo, le mode de vie urbain, marqué par la promiscuité, favorise la propagation du virus. Dans les bus, les salles de classe ou les lieux publics, les gestes barrières sont rarement respectés. Dans les transports en commun, le respect de la distanciation physique d’un mètre est impossible. Les passagers sont entassés « comme dans une boîte de sardines ». À ce jour, aucune consigne officielle n’a été donnée aux transporteurs pour réduire le nombre de passagers, aggravant ainsi les risques de contamination.

La mobilisation de tous est encouragée pour enrayer la propagation de cette maladie, qui peut perturber les activités économiques. Toute personne confirmée porteuse de la Mpox doit observer un isolement strict de trois semaines. Les personnes contacts sont également tenues de rester confinées à domicile pendant 21 jours, explique le professeur Mamy Randria, Incident manager au Centre d’Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP).

Si la propagation se poursuit, de nombreux bureaux pourraient se vider, et les travailleurs indépendants risquent d’être contraints de suspendre leurs activités, avec des répercussions économiques notables.

« Si l’on veut vaincre cette épidémie, il faut appliquer rigoureusement les mesures de prévention afin d’éviter sa propagation », insiste le professeur Mamy Randria.

La transmission de la Mpox se fait par contact direct avec la peau, notamment avec les plaies et les lésions cutanées, par les objets utilisés par une personne infectée, de la mère à l’enfant, et elle est fortement liée aux rapports sexuels.

Le spécialiste appelle notamment à la prudence dans les relations sexuelles et encourage même l’abstinence, estimant qu’elle peut « sauver de nombreuses vies ».

« Évitez les contacts avec des personnes inconnues ou ayant de multiples partenaires. Communiquez clairement et adoptez des comportements responsables, surtout en présence de plaies ou d’éruptions cutanées », recommande-t-il. Il rappelle également que les préservatifs ne protègent pas totalement contre la Mpox, la transmission pouvant se faire par les zones autour des organes génitaux.

En cas de symptômes suspects, la population est vivement invitée à consulter sans délai un centre de santé.

Miangaly Ralitera

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