ÉLECTION FÉDÉRALE - L’athlétisme malgache cherche un nouveau souffle

Les athlètes médaillées d’or du 4x100 m aux JIOI 2023 à Alarobia.

Longtemps fierté du sport national, l’athlétisme malgache a vu son influence s’éroder au fil des deux dernières décennies. De Jean-Louis Ravelomanantsoa, finaliste olympique en 1968, aux générations brillantes des années 90 et 2000, Madagascar faisait figure de référence sur les pistes africaines. Aujourd’hui, les records stagnent, les compétitions se raréfient et la discipline a quasiment disparu de l’espace public.

À l’approche de l’élection du futur président de la Fédération malagasy d’athlétisme, dont trois candidats sont déjà déclarés – Dominique Raherison, président en exercice, Norolalao Andriamahazo, ancienne présidente, et Jean de la Croix Mahatana, ancien athlète et multiple champion national –, les voix du passé se font entendre pour tirer la sonnette d’alarme.

Pour Indépendance Lahimana, dit Depa Sakaraha, le problème est d’abord économique. « Les entreprises et les responsables politiques ne s’intéressent plus à l’athlétisme. Les bailleurs privilégient les disciplines à forte audience comme le basketball ou le football. Et l’athlétisme, lui, n’obtient presque rien lorsqu’il demande de l’aide », ajoute-t-il.

Des choix décisifs

La crise est aussi structurelle. Les sports scolaires, autrefois principal vivier de talents, ont pratiquement disparu. Les ligues régionales sont freinées par le coût des déplacements, tandis que les clubs capables d’assurer la formation deviennent rares, surtout dans les régions. Le lien qui permettait aux jeunes de passer de l’école au haut niveau s’est progressivement rompu.

Le manque d’infrastructures adéquates aggrave la situation. La majorité des athlètes s’entraînent encore sur des pistes en terre, sans matériel moderne ni suivi adéquat. « Sans infrastructures, il est impossible d’obtenir de bonnes performances. À l’heure des pistes synthétiques et des centres de haut niveau, Madagascar part avec plusieurs longueurs de retard », confie Depa Sakaraha.

Quant à Joseph-Berlioz Randriamihaja, ancien athlète, champion d’Afrique en 110 m haies, il parle sans détour de la réalité de l’athlétisme du pays : « L’équipe dirigeante actuelle a écarté les techniciens expérimentés et quel est le bilan de son mandat de quatre ans ? ». Et lui de continuer : « Pour relancer l’athlétisme, il faut un changement de mentalité, le retour aux sports scolaires et la détection des talents à l’échelle nationale. Les athlètes qui réalisent de bonnes performances doivent être orientés vers des centres de formation. Il faut en finir avec le copinage et la recherche de gloire personnelle des dirigeants ».

Dans ce contexte, l’élection de février apparaît comme un tournant. Les trois candidats sont attendus sur un projet clair : relancer le sport scolaire, reconstruire un réseau de clubs, attirer des sponsors privés et investir dans les équipements, la mise en valeur des épreuves techniques - sauts et lancers - et l’installation de pistes synthétiques dans les chefs-lieux de région ou, tout au moins, dans les bastions historiques de l’athlétisme.

Donné Raherinjatovo

1 Commentaires

  1. Athlétisme, judo, lutte, haltérophile, voilà les seuls sports qui pourraient représenter notre pays sur le plan mondial comme les J.O, le reste n'est que petit cinéma continental. Alors, on fait quoi ???

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