Dina Razafimahatratra, ancien Directeur technique national de la Fédération Malgache de Tennis (FMT), dresse le profil du futur président.
Dans quel état d’esprit doit-on être pour diriger la FMT ?
Ce n’est pas une mince affaire. J’ai travaillé avec les bureaux fédéraux qui se sont succédé de 2013 à aujourd’hui, donc je sais de quoi je parle. La réalité institutionnelle et financière est beaucoup plus complexe qu’elle n’y paraît.
Que faut-il savoir avant de briguer cette présidence?
La FMT est redevable de cotisations internationales importantes chaque année. Plus de 7 000 dollars pour l’affiliation à la Fédération internationale de tennis (ITF) et 750 dollars pour la Confédération africaine de tennis (CAT). Ces montants doivent normalement être pris en charge par le ministère de la Jeunesse et des Sports, mais dans les faits, les paiements tardent malgré des engagements signés. Avec un calendrier international chargé, cela rend déjà difficile le respect de toutes les échéances.
La fonction reste-t-elle attractive malgré tout ?
Ce ne sera pas du pain béni. À la FMT, il n’y a pas d’argent à gagner, mais de l’argent à perdre, ou plutôt à investir. L’objectif est d’obtenir en retour une meilleure représentation des joueurs malgaches sur la scène internationale, notamment chez les juniors, en Coupe Davis et en Billie Jean King Cup. Être président ne doit donc pas être perçu comme une simple place de prestige mais une poste de grande responsabilité.
De quels moyens humains le président a-t-il besoin pour réussir ?
Le président doit s’entourer d’une équipe compétente et active, capable d’honorer un calendrier national cohérent. Il est primordial de maintenir les tournois du circuit mondial junior, du circuit africain U14 et d’organiser régulièrement le championnat national. Il faut aussi s’appuyer sur des personnes ressources à l’international pour concrétiser des projets, qu’il s’agisse de formations d’entraîneurs ou, pourquoi pas, de l’organisation d’un événement continental à Madagascar.
Quelles qualités sont indispensables au futur président ?
Il doit avoir les mains assez larges pour aller chercher des partenariats solides auprès des grandes entreprises, capables de soutenir durablement les activités de la FMT. Sans partenaires, il sera très difficile de mettre en œuvre un programme ambitieux.
Quel est selon vous le profil idéal ?
Un président porteur de projets techniques forts, capable de développer le tennis dans les ligues régionales, au-delà d’Analamanga. Il doit aussi être un fédérateur, ouvert au dialogue avec les ligues et avec les parents des jeunes internationaux, souvent premiers soutiens financiers.
Donné Raherinjatovo