ASSURANCE CLIMATIQUE  - Des mécanismes innovants en gestation

Traditionnellement associée aux véhicules et aux habitations, l’assurance demeure largement inaccessible aux populations rurales. Pourtant, ce sont les pêcheurs et les agriculteurs qui figurent parmi les populations subissant de plein fouet les effets du changement climatique et les catastrophes naturelles.

Cyclones, sécheresses, inondations, perturbations des saisons agricoles et dégradation des écosystèmes affectent directement les moyens de subsistance des ménages ruraux. Ces chocs climatiques entraînent des pertes récurrentes de récoltes, de matériel agricole et d’équipements de pêche, accentuant la vulnérabilité économique et sociale des communautés.

C’est dans ce contexte que WWF Madagascar, initiateur d’un projet pilote, développe un mécanisme d’assurance climatique adapté au paysage et à la réalité, visant à renforcer la résilience des communautés vulnérables face aux chocs climatiques. Deux modèles sont retenus : micro-assurance 

pêche (pêche de subsistance et artisanale) et micro-assurance agricole.

Face à ces défis, l’organisation a tenu pendant deux jours à l’Hôtel de la Poste, un atelier de co-création des modèles de ce genre d’assurance, ayant vu la participation des représentants des diverses parties prenantes clés. Parmi eux figurent les maires des communes concernées, ainsi que des représentants des VOI (Vondron’Olona Ifotony), des réseaux de pêcheurs, notamment le réseau Mihary, et d’autres organisations communautaires.

Cette rencontre a pour objectif global de restituer les résultats de l’étude de faisabilité des mécanismes d’assurance climatique et les prototypes des modèles d’assurance, en vue d’ajuster les produits et mécanismes innovants pour répondre aux réalités du paysage Diana. Spécifiquement, il s’agissait de s’imprégner des modèles d’assurance agricole et pêche, d’engager des discussions entre les parties prenantes clés pour la mise en œuvre d’un mécanisme pilote.

À ce stade, aucun produit n’est encore disponible. Cette consultation a été organisée afin d’écouter les avis des communautés et de co-construire ensemble un modèle d’assurance répondant aux réalités locales. C’est une étape de démarrage pour s’assurer que le produit soit vraiment adapté à leurs besoins.

« Pour le WWF, cette initiative s’inscrit dans une vision qui va au-delà de la seule protection et conservation de la biodiversité et des écosystèmes. Elle traduit également l’engagement de l’organisation à appuyer les communautés locales qui gèrent et dépendent directement des ressources naturelles. En renforçant leur résilience face aux impacts du changement climatique, le WWF contribue à améliorer leurs conditions de vie », a expliqué le program manager, Mihary Raparivo.

Les débats et les travaux en commission ont révélé plusieurs réticences, notamment la méfiance envers certains assureurs, la crainte de procédures d’indemnisation trop longues et l’inadéquation entre les exigences administratives des compagnies d’assurance et la forte informalité qui caractérise le secteur agricole et halieutique.

Raheriniaina

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