ANDRAISORO - Une mère revient sur le meurtre de son fils

Six mois après le meurtre de son fils Dhanio à Ifanadiana, une femme s’est rendue à Antananarivo pour dénoncer la libération des prévenus.

Aurélia Razanamahasoa, le regard voilé par la douleur, arbore le portrait de son fils Dhanio, tué en 2024, imprimé sur son tee-shirt.

Aurélia Razanamahasoa a rencontré hier la presse à Andraisoro afin de dénoncer la remise en liberté provisoire (LP) de deux prévenus dans l’affaire du meurtre de son fils Dhanio, un jeune homme de 19 ans tué à Ifanadiana en juillet dernier.

« Parmi eux figure le beau-frère de la victime, soupçonné d’avoir commandité l’assassinat. L’autre est présenté comme celui qui aurait été payé pour l’exécuter », indique un gendarme informé du dossier.

La décision judiciaire, intervenue en décembre 2025 pendant les vacances des tribunaux, a choqué la famille. Les demandes de liberté provisoire avaient pourtant été rejetées à plusieurs reprises par les juridictions de Mananjary et de Fianarantsoa. Mais, à la surprise générale, les deux suspects ont finalement quitté la prison, sans que les proches de la victime n’aient été informés d’un éventuel procès.

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Aurélia Razanamahasoa affirme que les preuves réunies par les enquêteurs, notamment les réquisitions téléphoniques, démontrent l’implication directe des deux hommes dans la préparation et l’exécution du meurtre. Selon elle, son fils aurait été frappé à la tempe avec un bâton, puis poignardé à trois reprises, avant que son corps ne soit retrouvé à quatre kilomètres du village. Elle suppose que le mobile du crime serait lié à la relation amoureuse de Dhanio avec une jeune femme dont la famille refusait cette union.

Un magistrat révèle que les suspects ont été cités dans d’autres affaires criminelles. Trois jours après la mort du jeune homme, une autre victime aurait été retrouvée mutilée. Cette personne aurait été témoin du meurtre de Dhanio. Les mêmes coupables présumés ont été extraits de prison pour enquête dans ce dossier, mais ont malgré tout bénéficié d’une liberté provisoire.

Aujourd’hui, la partie civile dit vivre dans la peur. Chaque tentative visant à faire avancer le dossier s’accompagnerait de menaces. Aurélia Razanamahasoa affirme craindre pour sa vie et celle de ses filles restées à Ranomafana, dans le district d’Ifanadiana. Elle appelle la ministre de la Justice à se saisir de l’affaire et à faire en sorte que la lumière soit faite sur les responsabilités des prévenus ainsi que sur les conditions dans lesquelles ils ont obtenu leur liberté.

Gustave Mparany

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