Daniel Lefebvre, directeur général de Ravinala Airports Madagascar, partage son objectif pour l’année : la promotion de la destination, de nouveaux marchés et des vols toute l’année.
Quels sont les taux de remplissage actuels des vols internationaux vers Antananarivo et Nosy Be ?
Nous constatons actuellement une baisse du remplissage moyen des vols internationaux, avec un effet direct sur les vols domestiques puisque 55 % des passagers des vols domestiques viennent du segment international. Les remplissages sont actuellement entre 40 et 70 %. C’est une situation inhabituelle même si, il est vrai, nous entrons actuellement dans la basse saison. En général, la moyenne du remplissage ne descend pas en dessous de 60 %.
Avez-vous constaté une baisse significative du nombre de passagers sur certaines lignes, notamment Emirates Dubaï – Seychelles – Antananarivo ?
Il y a une baisse effective par rapport à ce qui devrait être le volume attendu. La majorité des compagnies aériennes ressentent cette baisse actuellement. Pour les vols d’Emirates sur Antananarivo, la fin d’année était heureusement fructueuse en raison de la proximité de la destination Dubaï, mais également en raison des actions promotionnelles de la compagnie. Nous avons noté aussi la hausse des offres de voyages packagés sur le marché Madagascar (voyages groupés). Néanmoins, cela reste un vol avec escale, donc la capacité offerte pour Madagascar reste limitée ; la notion de coefficient de remplissage ne peut donc pas être utilisée. Ce qui n’est pas le cas de certaines compagnies qui ont réduit le nombre de vols en début d’année en raison de la baisse du nombre de passagers et du fait de la basse saison.
Selon vous, cette baisse est-elle isolée à certaines compagnies ou concerne-t-elle la majorité des vols internationaux ?
Dans la région Afrique, le niveau de 2019 a été retrouvé entre les années 2022 et 2023 après le Covid, l’Europe et les autres continents l’ayant retrouvé dès l’année 2022. Pour le cas de Madagascar, nous venons de retrouver le niveau de 2019 en décembre 2025, soit un retard significatif de trois ans. Nous étions ainsi encore dans une dynamique de reprise progressive du trafic et non de croissance. Il est de fait que les récents événements géopolitiques ont réduit cette progression et nous sommes actuellement parmi les rares pays encore en phase de reprise du trafic, alors que la plupart des aéroports ont une tendance lourde à la croissance. En dehors des grands aéroports tels que Paris, Francfort ou les aéroports d’Asie, on peut citer les aéroports du Moyen-Orient : Jordanie, Émirats ou encore les aéroports de Cape Town. Pour Madagascar, cette baisse s’est généralisée aux compagnies aériennes opérant sur Antananarivo, c’est un constat.
Irina Tsimijaly
