COMMERCE - Les produits importés affluent

Le marché malgache est submergé par les importations alimentaires. Les produits industriels, sucrés ou céréaliers, envahissent le pays, les grands groupes étrangers y déversant massivement leurs excédents.

Des produits importés vus dans un rayon de grande surface.

Les producteurs malgaches subissent un préjudice grave », alerte la Branche de production nationale (BPN), qui a saisi l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC). Une enquête de sauvegarde a été ouverte le 24 décembre 2025 pour mesurer l’impact de cette concurrence étrangère sur l’industrie nationale.

Les chiffres confirment l’inquiétude. Entre 2021 et 2024, les importations de ces produits ont grimpé de 71 points d’indice, tandis que la production locale reculait de 38 points. La part de marché des importations a bondi de 116 points. Les importations alimentaires représentent désormais près de 1 950 milliards d’ariary pour les sept premiers mois de 2025, et les céréales, à elles seules, pesaient 224,18 millions de dollars en 2024, soit environ 23 % de la consommation nationale. La dépendance aux importations de riz a explosé en 2025, avec 731 000 tonnes importées, soit une hausse de 253 % par rapport à 2024.

Cette pression se traduit par des conséquences sévères pour les entreprises malgaches : ventes en chute de 36 points, productivité en baisse de 34 points et résultats financiers en recul de 55 points. Les suppressions d’emplois ont commencé dès 2023.

Tournant

Pour se protéger, Madagascar a notifié, le 6 janvier 2026, l’ouverture de l’enquête au Comité des sauvegardes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’ANMCC a fixé un délai pour que les importateurs, exportateurs et industriels déposent leurs observations.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte plus large : d’autres produits alimentaires, comme les pâtes ou les huiles végétales, ont déjà fait l’objet de mesures de sauvegarde. Même si la dépendance globale aux importations reste modérée (environ 23 % pour les céréales en 2022), la pression sur le marché malgache continue d’augmenter.

Comme le souligne l’ANMCC, « l’objectif est de déterminer si l’augmentation des importations cause ou menace de causer un dommage grave à l’industrie nationale ».

 Madagascar se trouve à un tournant : protéger sa production locale ou céder face à l’afflux de produits importés.

Irina Tsimijaly  

1 Commentaires

  1. Pour simplifier, Une chaîne de production commence a l'approvisionnement et se termine au consommateur.
    Hors c'est le consommateur qui plébiscité, ou non, un produit.
    Il y a de très grands obstacles encore, a l'acceptation par les consommateurs, de très nombreux produits "vita malagasy".
    Non seulement les produits eux-mêmes mais toute l'information autour des produits, par exemple présents sur le packaging.
    Composition illisible, incomplète (quantités), utilisation du produit (temps de cuisson fantaisiste par exemple, illustration totalement trompeuse, impossibilité de joindre l'entreprise malgré les indications de coordonnées, etc.
    Les produits malgaches ne sont pas nécessairement mauvais, leur composition n'est pas forcément pire que celle des produits importés, mais il reste de très gros efforts de sincérité, de présentation, d'informations, sans quoi les consommateurs continueront à se tourner vers des produits industriels mieux standardisés, mieux étiquetés, avec une politique clients mieux conduite.
    Il va falloir que Madagascar se mette en marche pour entrer dans les standards du XXIem siècle
    Et cela ne peut être que profitable à l'économie du pays!

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