FUSION MINIÈRE - Rio Tinto et Glencore discutent d’un rachat

Rio Tinto et Glencore ont relancé leurs discussions pour une fusion ou un rachat. Si l’opération se concrétise, elle créerait le plus grand groupe minier mondial. 

Rio Tinto et Glencore relancent les discussions pour une fusion qui pourrait créer le plus grand groupe minier mondial. 

Le groupe anglo-australien Rio Tinto et le géant suisse Glencore relancent des négociations qui pourraient bouleverser le secteur minier mondial. Début janvier 2026, les deux entreprises ont repris leurs discussions préliminaires en vue d’une fusion, a confirmé Reuters. Dans un communiqué, elles précisent qu’« il s’agit uniquement de discussions exploratoires » et qu’aucune offre ferme n’a encore été soumise.

Ces discussions font suite à une première tentative en 2024, qui avait échoué sur des points tels que la valorisation, la gouvernance et l’avenir des activités charbon de Glencore. La reprise des négociations intervient après que Rio Tinto a nommé Simon Trott comme nouveau directeur général en août 2025, choisi pour être plus ouvert aux grandes opérations stratégiques.

La fusion pourrait se réaliser via un schéma d’arrangement approuvé par un tribunal, une pratique courante au Royaume-Uni. Rio Tinto dispose d’un délai jusqu’au 5 février 2026 pour annoncer une offre ou y renoncer.

Si l’opération aboutit, elle donnerait naissance à un groupe minier évalué à plus de 200 milliards de dollars, surpassant BHP et renforçant la position de Rio Tinto dans le cuivre, le fer, le lithium et l’aluminium. Selon les analystes de Jefferies, cette fusion « pourrait créer le leader mondial dans plusieurs métaux industriels ».

Le marché a déjà réagi : les actions de Glencore ont augmenté de près de 10 %, tandis que celles de Rio Tinto ont reculé de 6 %, traduisant le scepticisme des investisseurs quant au prix et aux risques d’un rachat de cette ampleur.

L’opération vise principalement à sécuriser le cuivre, métal essentiel pour les technologies vertes et l’intelligence artificielle. Néanmoins, l’avenir des activités charbon de Glencore reste incertain : Rio Tinto s’en est éloigné depuis la vente de ses dernières mines en 2018.

Implications pour l’Afrique

La fusion aurait des répercussions directes sur l’Afrique. Glencore est un acteur majeur du cuivre et du cobalt en République démocratique du Congo, avec les mines Kamoto Copper (KCC) et Mutanda produisant plus de 224 000 tonnes de cuivre et 35 000 tonnes de cobalt en 2024.

De son côté, Rio Tinto est présent en Guinée, où le projet Simandou a débuté la production de minerai de fer fin 2025, et à Madagascar à travers QIT Madagascar Minerals (QMM), spécialisé dans les sables minéralisés et l’ilménite. La filiale malgache a repris ses activités début janvier 2026 après une pause de six semaines, dans le cadre d’un plan de résilience visant à optimiser les coûts et renforcer la rentabilité.

Pour Madagascar, cette fusion pourrait donner plus de visibilité aux opérations locales et sécuriser les investissements dans le projet QMM, tout en posant des questions sur les impacts environnementaux et sociaux. QMM reste un contributeur économique important, avec 13,7 millions de dollars de dividendes versés à l’État au premier semestre 2025.

En attendant, la décision finale sera annoncée d’ici le 5 février 2026. Si elle se confirme, ce rachat deviendrait la plus grande opération de consolidation du secteur minier du 21 e siècle, renforçant le poids mondial de Rio Tinto et son influence sur les ressources critiques, y compris pour Madagascar.

Irina Tsimijaly

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