La souveraineté de l’État est en jeu. Lors de la Journée internationale des douanes au CCI Ivato, le président de la Refondation de la République et le ministre de l’Économie ont rappelé que les fonctions régaliennes défense, sécurité, justice et diplomatie — doivent rester strictement étatiques.
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| Le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina. |
L’alerte est lancée. Lors de son discours au CCI Ivato à l’occasion de la Journée internationale des douanes, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a insisté : « Le pouvoir régalien doit rester aux mains de l’État. La délégation à des acteurs privés peut nuire à la souveraineté économique. Les fonctions régaliennes doivent être strictement étatiques, et les secteurs privés ont leur propre rôle, sans empiéter sur ces fonctions. »
Dans la même logique, le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a précisé que certaines fonctions stratégiques, comme la gestion du visa, « doivent revenir à l’administration générale des impôts pour garantir la sécurité nationale ».
Ces déclarations rappellent que la fonction régalienne consiste à « établir et appliquer les règles, garantir la souveraineté, la sécurité et la finance publique ». Par exemple, « les frontières doivent rester sous contrôle étatique » et la douane « influe directement sur l’économie ». Même si certaines tâches, comme la gestion du visa, peuvent être déléguées, l’argent doit revenir directement à l’État.
Des prérogatives étatiques
Les fonctions régaliennes regroupent quatre missions principales : la défense nationale, la sécurité intérieure, la justice et la diplomatie. À Madagascar, l’armée protège le territoire, la police et la gendarmerie maintiennent l’ordre public, et la justice repose sur les tribunaux et juges étatiques. Certaines missions peuvent être soutenues par des acteurs privés, comme les sociétés de gardiennage ou les avocats, mais ces derniers n’ont pas le pouvoir de décision : « Le privé aide, l’État tranche. »
Les missions stratégiques, comme la gestion des frontières, la douane et le contrôle des visas, ont un impact direct sur l’économie nationale et la sécurité. L’externalisation excessive de ces tâches affaiblirait l’autorité de l’État et la sécurité nationale. Le président Randrianirina et le ministre Ramiarison sont unanimes : recentrer ces fonctions sur l’État est un impératif stratégique et administratif pour Madagascar.
Madagascar doit affirmer que la défense, la sécurité, la justice et la diplomatie restent exclusivement étatiques. Reprendre la main sur ces fonctions régaliennes constitue un impératif stratégique et administratif pour le pays.
Irina Tsimijaly
