Antananarivo plaide victime

Noël est donc encore ce moment de retrouvailles telles que la circulation automobile d’une ville comme Antananarivo s’en retrouve à l’arrêt. 

Pour se réunir en famille, les «zanaka am-pielezana» ont convergé vers les parents ou l’aîné(e). À cause de la pluie, les voitures furent de sortie. Afin de sacrifier au rituel des cadeaux, il fallut faire les magasins et ceux d’Antananarivo et ses environs immédiats offrent donc encore le plus vaste choix. 

S’il faut sans doute se réjouir que beaucoup de familles fassent encore société, comment ne pas percevoir, par contre, les conséquences à double tranchant de cette extrême concentration dans et juste autour de l’Antananarivo-Renivohitra. 

Sans aller aussi loin que les cinq autres provinces, dès le «Grand Tana», c’est déjà le désert malgache. À l’échelle d’une ville, mais soumise à des sollicitations attendues d’une Région ou d’une Province, comment loger, comment alimenter en eau et électricité, comment nourrir, comment faire se déplacer, comment collecter les ordures, de tout un pays au crochet d’un budget municipal.  

Antananarivo, la Capitale, est accusée de tout accaparer alors que c’est elle la première victime de l’absence de décentralisation. Si le Betsimitatatra, si Laniera, si le bassin versant de notre mésopotamie entre Imamba-Ikopa-Sisaony, pouvaient accuser, les décideurs, planificateurs, spéculateurs fonciers, des 130 dernières années seraient tous au pilori. 

De la poignée de scenarii encore possibles, au début des années 1980, celui du laisser-faire a accouché du laisser-empirer. Il y a cinquante ans, la génération des parents et grands-parents avait pu murmurer «Adieu, Betsimitatatra». Il y a une dizaine d’années, je soupirais à mon tour, «Adieu Laniera». C’est Antananarivo qu’on assassine. 

Nasolo-Valiavo Andriamihaja 

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