Malgré un contexte économique marqué par la crise, la dynamique entrepreneuriale à Madagascar reste solide. Selon Josielle Rafidy, directrice générale de l’EDBM, « si l’on regarde d’abord la dynamique de création des entreprises, elle a été maintenue cette année malgré la crise ». Le nombre d’entreprises créées avoisine ainsi les 1 400, montrant que, malgré les incertitudes, de nombreux entrepreneurs continuent d’investir et de lancer de nouveaux projets. En 2024, environ 1 529 sociétés ont été créées selon l’EDBM.
Cependant, la création et la gestion d’entreprises comportent des risques importants. « Dans un pays confronté à ce type de crise, il existe des notations concernant le risque-pays, la stabilité politique, la stabilité institutionnelle et la stabilité économique, ce que les entrepreneurs prennent souvent en compte », précise Rafidy. Ces facteurs influencent les décisions des porteurs de projets, certains étant plus prudents, tandis que d’autres acceptent de prendre des risques pour saisir les opportunités.
Certains secteurs économiques montrent une résilience particulière. Le secteur textile, par exemple, « continue de demander des agréments, il est important et génère beaucoup d’emplois ; le marché y reste dynamique et Madagascar conserve une bonne place dans ce domaine ». Le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et l’agrobusiness connaissent également un dynamisme notable, offrant des perspectives encourageantes pour les jeunes entrepreneurs et les investisseurs.
Face à ces risques, les entrepreneurs adoptent des stratégies variées. Certains mettent leurs projets en stand-by, tandis que d’autres « continuent malgré le risque et cherchent à exploiter les opportunités». Tout dépend, selon la directrice de l’EDBM, de « l’entrepreneur et de la catégorie de son activité ». Cette capacité d’adaptation est essentielle dans un contexte où les incertitudes économiques et institutionnelles restent présentes.
Pour soutenir ces initiatives, l’EDBM a optimisé les procédures administratives. « Les opérations concernant les délais, licences et autorisations se font le plus rapidement possible, en 48 heures », explique Rafidy. Seul le traitement des dossiers au niveau des ministères peut encore ralentir le processus.
Irina Tsimijaly