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| Vue de la façade de la prison d’Antanimora. |
Le ministère de la Justice entend reprendre le contrôle de la situation pénitentiaire après plusieurs libérations jugées irrégulières. Selon une source proche du ministère, seules les personnes ayant bénéficié d’une grâce présidentielle sont considérées comme libérées en toute légalité. Les autres, notamment celles condamnées pour des infractions pénales, sont classées comme ayant quitté les établissements de détention de façon irrégulière.
Pour faire le tri, la Direction générale de l’administration pénitentiaire (DGAP) dresse actuellement une liste des détenus concernés, qui servira de base à la procédure de réincarcération.
« Le ministère est en train de distinguer ceux qui sont réellement des prisonniers politiques de ceux qui ne le sont pas. C’est à partir de la liste dressée par la DGAP que les décisions seront prises », explique notre source.
Une fois cette liste validée et transmise au ministre de la Justice, la réincarcération pourra officiellement débuter, ciblant tous ceux qui ne bénéficient pas du statut de prisonnier politique.
Depuis le 13 octobre, date de signature par l’ancien président Andry Rajoelina d’un décret de grâce présidentielle en faveur de huit personnalités, plusieurs détenus non inclus dans cette liste ont quitté les prisons. Parmi eux figure le député de Soavinandriana, Roméo Ramanantanana, déjà condamné à dix ans de prison ferme pour trafic de tortues, assortis d’une amende de 60 millions d’ariary et du versement de 2 milliards d’ariary à l’État. Malgré cela, il a été réintégré à l’Assemblée nationale, illustrant l’ampleur du problème.
Dès sa prise de fonction, le 17 octobre, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, avait signalé ces sorties irrégulières et annoncé des mesures pour ramener les détenus dans le cadre légal. La décision actuelle du ministère de la Justice s’inscrit dans cette logique, visant à rétablir l’ordre et la discipline au sein des établissements pénitentiaires.
Imbroglio sur le cas des exilés politiques
Certaines situations restent toutefois complexes, notamment celles des condamnés ayant fui le pays.
L’ancien Premier ministre Jean Ravelonarivo, condamné en septembre 2021 à cinq ans de prison ferme pour détournement de deniers publics et exilé en France depuis octobre 2021, vient de revenir à Madagascar. Il n’est pas le seul dans ce cas. Plusieurs autres anciens responsables ayant quitté le pays après leur condamnation ont pu regagner le territoire sans difficulté.
Selon notre source, « la décision à leur encontre relève directement du ministre de la Justice ».
Tsilaiviny Randriamanga
