VIOL SUR MINEURE - Sursis et requalification des faits

Un homme de 22 ans, jugé hier à Anosy pour viol sur mineure, a écopé d’une peine avec sursis. Il se dit prêt à épouser la jeune fille de 14 ans.

L’ambiance était calme, hier, au Palais de Justice. 

Une idylle née le soir du 13 février 2025 s’est soldée par un procès devant la Cour criminelle ordinaire d’Anosy, hier. L’audience s’est tenue dans la salle 5, où l’accusé, un jeune homme de 22 ans, a déclaré ses sentiments à l’égard de la jeune fille de la partie civile. Il affirme vouloir l’épouser.

C’est à cause de cette jeune fille, âgée de 14 ans qu’il s’est retrouvé en détention préventive à la maison centrale d’Antanimora, jusqu’à sa comparution à la barre. Leur relation, entamée deux semaines plus tôt, a rapidement basculé en une épreuve judiciaire. Le jeune homme a été poursuivi pour viol, des faits qu’il conteste.

Les deux protagonistes sont voisins à Ankadindramamy. À la lecture du dossier par le greffier, il ressort que la mère de la jeune fille s’était rendue chez un médecin le soir du 13 février. De retour vers 20 heures, elle découvre avec stupeur que sa fille, laissée seule à la maison, a disparu.

La famille a lancé des recherches toute la nuit, en vain. En réalité, l’adolescente avait passé la nuit dans une maison voisine et n’est rentrée chez elle que le lendemain, vers 11 heures.

Interrogée sur sa disparition, elle a expliqué au juge que sa mère l’avait punie pour avoir refusé d’effectuer des tâches ménagères. Elle a reconnu être partie de son plein gré chez son petit ami. Durant la nuit, ils ont eu un rapport sexuel. Elle affirme avoir été forcée, avoir résisté, mais n’avoir pas pu empêcher l’acte.  

Punie 

« Vous êtes une petite fille qui choisit de se réfugier chez un homme… Vous vous attendiez à quoi ? Qu’il vous offre des bonbons ? », a lancé l’avocat du présumé coupable. Ce dernier, lui, soutient que le rapport était consenti.

L’avocate générale, rétorque : « Accueillir une mineure chez soi toute une nuit, c’est déjà une infraction. Est-ce que cela vous arrangeait? Avez-vous profité de l’occasion ? Pourquoi ne pas l’avoir raccompagnée immédiatement chez ses parents et assumé votre relation si vous l’aimez vraiment ? Vos parents vous ont vus ensemble sur le lit, sont-ils complices ? Sont-ils présents dans la salle ? ». Face à ces questions, l’accusé n’a pu que murmurer.

Le rapport médical fait état d’une déchirure de l’hymen, sans autre trace de violence sur le corps.

La mère de la jeune fille a confié que les parents du jeune homme avaient proposé un arrangement à l’amiable. « Cela ne me convient pas. Ce que j’ai proposé, c’est que ces enfants restent simplement amis. Il n’est pas question qu’ils poursuivent leur relation. C’est une situation très douloureuse pour une mère », a-t-elle déclaré. Elle maintient sa plainte et réclame 7 millions d’ariary de dommages et intérêts.

Le juge et la représentante du ministère public ont rappelé : « Madame, sachez que la peine encourue pour viol sur mineure est lourde, pouvant aller jusqu’à la castration. Nous vous invitons à réfléchir, pour le bien de votre fille et la paix de votre esprit. Il ne s’agit pas de pression ».

Après quelques minutes de délibération, la présidente en toge rouge et ses assesseurs ont repris leur place. Le chef d’accusation a été requalifié : il ne s’agit plus de viol, mais de détournement de mineure. L’accusé a été condamné à cinq ans de prison avec sursis, assortis d’une amende d’un million d’ariary et de cinq millions d’ariary de dommages et intérêts.

« Ce verdict vise à apaiser les esprits. Comme nous l’avons dit, ce type de procès est toujours tranché dans l’intérêt supérieur de l’enfant. Désormais, ne vous disputez plus », a conclu la présidente d’audience.

Haja Léo

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