EXTRACTION MINIÈRE - L’ITIE met Madagascar sous probation

Entre instabilité politique et exigences internationales, l’avenir du secteur extractif reste incertain.

L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a décidé de placer Madagascar sous un régime de vigilance renforcée pour une durée d’un an. Cette mesure exceptionnelle a été décidée « suite à la prise de pouvoir par les militaires » le 14 octobre 2025. Durant cette période d’observation, le pays devra démontrer sa capacité à respecter les principes et exigences de la Norme ITIE afin d’éviter une suspension formelle.

Avant même la crise politique, Madagascar affichait déjà un bilan fragile, avec un score global de 67/100 pour l’application de la Norme 2019. Les évaluations pointaient des lacunes récurrentes : faible transparence des contrats miniers et pétroliers, divulgation insuffisante des bénéficiaires effectifs, coordination limitée entre parties prenantes et manque d’ancrage institutionnel du processus. Les indicateurs « Transparence », « Participation des acteurs » et « Résultats et impacts » se situaient tous autour de 66 à 67 points, traduisant un niveau de conformité jugé « plutôt faible ».

Exigences

Face à l’instabilité politique, le Conseil d’administration demande un suivi rapproché du Secrétariat international de l’ITIE. Si Madagascar ne parvient pas à corriger ses faiblesses d’ici novembre 2026, une suspension pourrait être prononcée. Le pays doit notamment progresser sur plus de vingt exigences : gestion des licences, publication des contrats, qualité des données rapportées, gouvernance des entreprises publiques, transferts financiers aux collectivités, accessibilité de l’information ou encore débat public.

De son côté, le Directeur exécutif de l’ITIE Madagascar, Marc Sergio Clerc, se veut rassurant : « La probation n’est pas une condamnation. L’ITIE rappelle que le processus repose sur des normes, des évaluations et des améliorations continues. Les efforts déjà engagés doivent simplement être poursuivis et consolidés. Notre institution reste active et plus que jamais déterminée à renforcer la transparence, essentielle à une bonne gouvernance des ressources naturelles ».

Pour le secteur extractif, cette probation constitue un signal d’alerte. Une suspension éventuelle pourrait nuire à l’attractivité du pays, à la confiance des investisseurs et à la transparence des revenus miniers et pétroliers.

Irina Tsimijaly

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