CONSOMMATION - La production de riz insuffisante

La production nationale de riz ne suffit plus à couvrir la demande à Madagascar. En 2025, le déficit se creuse malgré les efforts des autorités pour soutenir les récoltes.

La production de riz ne suit plus la demande.

La production nationale de riz peine à répondre aux besoins quotidiens du pays. En 2025, le pays se retrouve de nouveau confronté à un déficit important, qui accentue sa dépendance vis-à-vis des importations.

Au ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, on reconnaît sans détour que la campagne rizicole n’a pas atteint les objectifs fixés. 

« En 2024, nous avions atteint environ 5,25 millions de tonnes. En 2025, nous sommes clairement en dessous», confie un responsable. Les données consolidées ne sont pas encore disponibles, mais les équipes sur le terrain confirment déjà une baisse notable. Une situation largement liée aux aléas climatiques : « La saison des pluies a été mauvaise dans plusieurs zones. Dans certains bassins, la moisson n’a même commencé qu’en février », explique-t-il.

Cette irrégularité a particulièrement frappé les principaux bassins rizicoles du pays. Alaotra-Mangoro, considéré comme le grenier à riz national, a été le plus touché. Mais Marovoay, Sofia, Melaky, Menabe et Sava n’ont pas été épargnés non plus.

Aménagements

Face à ces difficultés, les autorités tentent de réagir. Diffusion de variétés à cycle court, intensification des appuis techniques, appui en intrants, extension des surfaces cultivées : plusieurs pistes sont déjà engagées. « Le Génie rural travaille également sur de nouveaux aménagements, notamment du côté de Bemangoky et des zones du Sud-Ouest », assure la même source.

Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à compenser la baisse de production, comme le révèlent les données des Douanes : entre 2024 et 2025, les importations de riz destinées à la consommation ont bondi de plus de 325 %. Sur les trois premiers trimestres de l’année, Madagascar a ainsi importé 607 000 tonnes de riz, contre seulement 142 600 tonnes l’année précédente.

Par ailleurs, la FAO estime que le pays pourrait atteindre 800 000 tonnes d’importations en 2025. Ces chiffres traduisent une réalité préoccupante : la production nationale ne parvient plus à satisfaire une demande en constante augmentation. 

Irina Tsimijaly

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne