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| Des manifestants avec leurs banderoles. |
Depuis plusieurs jours, ces deux secteurs de la capitale sont devenus les principaux points de ralliement de la jeunesse contestataire. Hier, la journée a débuté vers 11 heures avec le cortège du Syndicat des enseignants de Madagascar (Sempama), parti d’Antanimbarinandriana. La marche a longé le siège du ministère de l’Éducation nationale, puis la Bibliothèque nationale, avant de se diriger vers Mahamasina. L’ambiance est restée tendue mais sans incident majeur dans un premier temps.
À Anosy, la manifestation a pris de l’ampleur avec la présence de Faniry Alban Rakotoarisoa, conseiller municipal élu sous la bannière de la coalition Firaisankina, ainsi que de plusieurs influenceurs actifs sur les réseaux sociaux, renforçant la visibilité du mouvement.
La situation a changé à l’approche de la rue Mohamed V, lorsque les forces de l’ordre sont intervenues. Les premières salves de gaz lacrymogènes ont entraîné une dispersion rapide. Des manifestants se sont repliés près du Palais du Sénat, où plusieurs arrestations ont été signalées.
Affrontements jusqu’en soirée
Malgré cela, des regroupements spontanés se sont reformés, notamment en direction d’Anosibe, où des barricades improvisées ont brièvement bloqué la voie avant d’être démontées par les forces de sécurité.
À Mahamasina, la tension est montée d’un cran. Les manifestants, retranchés jusqu’aux abords de la maternité de Befelatanana, ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre. L’après-midi a été marqué par une succession de charges, dispersions et reconstitutions de petits groupes. Ces heurts se sont poursuivis jusqu’en fin de journée, dans une atmosphère saturée de gaz lacrymogène.
Anosy et Mahamasina s’affirment désormais comme l’épicentre de la contestation urbaine. Étudiants, syndicalistes et jeunes militants s’y mêlent, portés par un mélange de revendications sociales et politiques, entre détermination et confrontation directe avec les forces de l’ordre.
Tsilaviny Randriamanga
