AMBOHITRIMANJAKA - Un lapidaire assassiné devant son épouse

Père de deux enfants, un lapidaire de 46 ans a été tué sous les yeux de son épouse à Antsahafohy Ambohitrimanjaka. L’enquête est ouverte.

La chambre à coucher du couple où l'horreur s'est déroulée.

Un couple de lapidaires a été attaqué dans la nuit de lundi à mardi, vers minuit. L’homme a été tué devant sa femme. La demeure, récemment construite, ne dispose ni de clôture ni de dispositif de sécurité apparent. Située au bout d’un chemin de terre traversant des rizières, la maison blanche à deux étages s’impose dans le paysage. Hier matin, des proches s’y sont rassemblés pour présenter leurs condoléances, le visage marqué par la stupeur.

À l’intérieur, le désordre est total : vêtements, meubles et objets éparpillés du rez-de-chaussée à l’étage. Dans la chambre du couple, des traces de pas recouvrent les chaises et du sang macule le lit. Même le plafond a été endommagé. Le corps sans vie du chef de famille, lapidaire de métier, repose sur une table. À ses pieds, son épouse, vêtue d’un manteau noir, pleure en silence, incapable de prononcer un mot.

Rijarimanana Razafiarisoa, belle-sœur du défunt, raconte que les faits se seraient produits vers minuit. « Dès 23 heures, notre chien n’arrêtait pas d’aboyer. Je n’ai pas osé sortir », confie-t-elle. Vers 1 heure du matin, elle est réveillée par son frère : « Viens vite, notre sœur a été attaquée, son mari est mort. »

Sans effraction

Selon le témoignage de l’épouse, elle a été ligotée au pied du lit avec ses propres vêtements, la tête attachée aux pieds. Elle aurait perdu connaissance après avoir été frappée, avant de réussir à se libérer et à courir chez son frère et sa sœur pour demander de l’aide.

Ce n’est pas la première fois que cette maison est visée. Une première intrusion avait eu lieu au début des travaux de construction, lorsque les portes avaient été volées. Une deuxième fois, des malfaiteurs avaient utilisé une échelle pour dérober des outils à l’étage, alors que la famille assistait à une messe. Cette fois-ci, les cambrioleurs sont entrés sans effraction apparente : la porte métallique n’a pas été forcée, ce qui laisse penser à l’utilisation d’une clé. Tous les objets ont été fouillés et une somme de 1,5 million d’ariary a été emportée. D’autres biens, jugés trop encombrants, ont été abandonnés sur le chemin.

Le quadragénaire aurait tenté de résister, mais ses agresseurs l’auraient menacé avec une arme à feu. Un rondin de bois retrouvé sur une chaise pourrait être l’arme du crime. Transporté à l’hôpital, il est mort à son arrivée, atteint d’une grave blessure à la tête. Les assaillants n’étaient pas masqués, mais leur identité reste inconnue. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie, et des proches ont déjà été entendus.

Le couple travaillait dans la taille de pierres précieuses et fines. Ils laissent deux enfants : l’aîné est étudiant à l’École Polytechnique de Vontovorona, tandis que la cadette, partie en pèlerinage à Toamasina, a été rappelée en urgence. La sécurité dans le quartier est désormais vivement mise en cause par la famille.

Gustave Mparany

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