MT180

Reprise par l’Acfas (association francophone pour le savoir), un organisme du Québec, «Ma thèse en 180 secondes» (MT180) est la version francophone de «Three minute thesis» (3MT), inventée en 2008, à l’Université du Queensland, en Australie. 

Désormais d’envergure internationale, MT180 concerne également Madagascar. Cette 6ème édition a associé le Ministère de l’Enseignement Supérieur, l’Agence Universitaire de la Francophonie en Afrique australe et Océan Indien et le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France à Madagascar. 

Une nouvelle fois, j’ai eu le privilège de siéger dans un jury du concours «MT180». Privilège, certainement, puisque, comme dit Anton Ego dans le dessin animé Ratatouille, «À bien des égards, la tâche du critique est aisée : nous ne risquons pas grand-chose, et pourtant, nous jouissons d’une position de supériorité par rapport à ceux qui se soumettent avec leur travail, à notre jugement». 

Des années de recherche, trois centaines de page, plusieurs dizaines de milliers de mots, à condenser en 180 secondes, trois minutes. «Un exposé clair, concis et néanmoins convaincant» à juger selon une grille en trente points : talent d’orateur, vulgarisation, structuration de l’exposé. 

Justement, il est dommage que la thèse, travail scientifique par excellence, disparaisse un peu ou tout à fait derrière le jeu scénique. Il semble que les vingt candidats aient été coachés par une troupe de théâtre. En résulta un formatage dans l’intonation, la gestuelle, et même l’effet comique. Tout au long du processus, et quand bien même il s’agirait de vulgarisation scientifique, j’aurais aimé que les doctorants restent de (sérieux) doctorants plutôt que de s’improviser (piètres) comédiens. 

Ainsi désespérément en quête de la «thèse» derrière une vulgarisation qui flirtait avec une outrance de mauvais aloi, j’étais enclin à la sévérité. Cependant, chez les jurés, la disparité des appréciations n’a pas empêché de dégager une certaine cohérence. Malgré la «sécheresse» des notes que j’ai attribuées, j’ai trouvé le duo de tête, certes dans le désordre. 

Le classement final fut extrêmement serré aux trois premières places, trustées par les femmes : Ranaivomanana Sandra, Université de Toliara, «Évaluation de la pêche pour une gestion durable des écosystèmes coralliens à Madagascar» ; Mitantsoa Julia Tantely, Université d’Antananarivo, «Étude de production de bioplastique à l’aide de micro-organismes producteurs de polyhydroxyalcanoate ou PHA» ; Herinirina Lydia Clarisse, Université d’Antananarivo, «Sythèse de surfactant ionique à partir des coques de noix de cajou de Madagascar». La lauréate représentera Madagascar à la finale internationale francophone qui se déroulera à Abidjan, Côte d’Ivoire, en novembre 2024. 

Nasolo-Valiavo Andriamihaja

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