TENNIS - décès de ravaly Un grand technicien s’en va

Pédagogue passionné et figure marquante du tennis malgache, Ravalitera Rafolomanantsiatosika s’est éteint samedi à l’âge de 75 ans. Il laisse un héritage sportif salué par plusieurs générations.

Ravaly à une séance d’entraînement de son vivant

Le tennis malgache est en deuil. Avec la disparition de Maître Ravalitera Rafolomanantsiatosika, affectueusement appelé « Ravaly » ou simplement « Maître », la discipline perd l’un de ses bâtisseurs. Joueur, universitaire, entraîneur et formateur, il a consacré une grande partie de sa vie à transmettre son savoir et sa passion. Au-delà de ses compétences techniques, Ravaly était avant tout un pédagogue, convaincu que le tennis était aussi une école de discipline, de rigueur et de dépassement de soi.

Son parcours est étroitement lié à celui de plusieurs figures du tennis national. D’abord volleyeur et enseignant à l’ENEPS, il découvre le tennis à l’invitation du père de Dally et de Natacha Randriantefy. De cette rencontre naissent une amitié durable et une collaboration fructueuse. Les deux hommes approfondissent ensemble leur connaissance de la discipline et deviennent des entraîneurs-formateurs reconnus. Leur complicité s’exprime également sur les courts, notamment lors des compétitions de double de l’ACSA.

Formateur et bâtisseur

Au sein de l’ASCUR, devenue depuis l’ASUT, Ravaly contribue à former de nombreux talents. Il y développe sa propre école de tennis, fondée sur une méthode pédagogique et un système mnémotechnique original destiné à faciliter la compréhension du jeu. Il participe également, en 1984, à la création de l’école de tennis d’Ankatso aux côtés de Max Randriantefy et de Yolande Razafindrazaka, avant d’en assurer la direction.

Il a formé plusieurs générations de joueurs, dont ses filles Aina et Valisoa Rafolomanantsiatosika, ainsi que Harivony Andrianafetra et Hary Rahoelina. Plus récemment, il a accompagné de jeunes talents comme Mirija Andriantefihasina et Mahery Raoily. Au sein de la Direction technique nationale, il a également œuvré avec discrétion, souvent à titre bénévole, au développement du tennis malgache.

Dans un hommage empreint d’émotion, Dally Randriantefy, ancienne 44e joueuse mondiale, salue un « formateur passionné » et un « pédagogue exceptionnel». Elle évoque celui qui lui a transmis l’amour du tennis et a contribué à former plusieurs générations de champions.

Natacha Randriantefy souligne, elle aussi, la portée de son œuvre. « L’héritage d’un entraîneur ne se mesure pas seulement au nombre de champions qu’il a formés, mais aussi à tout ce qu’il a semé dans les hommes et les femmes qu’ils sont devenus. »

Maître Rafolo laisse son épouse, Aurélie Rolande Razafisoanana, connue sous le nom de Carole, leurs deux filles et trois petits-enfants, Mahavaly Rafolo, Yohan Raphaël Rakotonirina et Mathias Lyam Rakotonirina.

Son empreinte restera présente sur les courts, dans les clubs et, surtout, dans le parcours de ceux qu’il a accompagnés. 

« Merci, Maître. Repose en paix, Ravaly », conclut Natacha Randriantefy.

Donné Raherinjatovo

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