PRÉVISIONS MÉTÉOROLOGIQUES - Des pluies insuffisantes en novembre et décembre

Des rizières dans la capitale.

Octobre s’est achevé sur un début de saison des pluies conforme aux prévisions, selon un technicien de la direction générale de la Météorologie. Les derniers mois de l’année s’annoncent toutefois plus secs que d’habitude.

Les prévisions météorologiques pour la période de novembre à janvier annoncent des précipitations normales à inférieures à la normale sur une grande partie de Madagascar, à l’exception du Nord. « En novembre et décembre, il pleuvra, mais en quantité jugée insuffisante, avec des interruptions plus fréquentes que d’habitude », a indiqué hier Zo Rakotomavo, directeur de la recherche et du développement hydrométéorologiques à la direction générale de la Météorologie. Il attribue ce phénomène à El Niño, dont les effets se sont déjà fait sentir en octobre. « De fortes chaleurs pendant les périodes sèches ont alterné avec des averses violentes », poursuit-il.

Ce déficit de précipitations devrait toucher une grande partie du pays, notamment Analamanga, Alaotra-Mangoro, l’un des greniers à riz de Madagascar, ainsi que le sud de l’île.

Selon les prévisions saisonnières actualisées, les cumuls de pluie devraient se situer entre 50 et 100 mm dans l’Est et en Analamanga en novembre, et pourraient atteindre localement 100 à 150 mm. En décembre, ils pourraient atteindre 150 à 200 mm dans le sud et l’est d’Analamanga, et jusqu’à 250 mm dans l’ouest et le nord de la région. Il faudrait attendre janvier pour une amélioration, avec des cumuls minimaux prévus de 200 à 250 mm dans le sud d’Analamanga et de 250 à 300 mm dans le nord. Les maximas annoncés seraient de 250 à 300 mm dans le sud, de 300 à 350 mm dans le centre et de 350 à 400 mm à l’extrémité nord de la région.

Incertitude

Dans les grands bassins rizicoles, l’incertitude domine. Le service météorologique d’Alaotra-Mangoro indique que le seuil marquant le début effectif de la saison des pluies n’a pas encore été atteint. Les techniciens recommandent aux riziculteurs de patienter avant de semer dans les rizières qui dépendent uniquement des pluies, afin d’éviter que les jeunes plants ne vieillissent trop avant le repiquage.

Les producteurs sont inquiets. Alfred Rakotonirina, président de la Fédération des riziculteurs à Tanambe, explique : « Nous sommes vraiment anxieux, car les semis de riz devraient commencer en ce mois de novembre. Mais en entendant parler d’un possible manque de pluie, nous hésitons à semer. Nous avons acheté des semences prévues pour la saison normale, alors qu’il faudrait plutôt utiliser des variétés à cycle court. »

Entre le risque de pertes financières et le choix délicat des variétés, les agriculteurs abordent les deux prochains mois au rythme des incertitudes climatiques.

Miangaly Ralitera

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