La stratégie gouvernementale s’articule autour d’une réponse d’urgence face aux difficultés chroniques d’approvisionnement en électricité qui touchent l’ensemble du territoire.
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| Centrale de la Jirama à Toamasina. |
Les infrastructures énergétiques durables nécessitent des investissements et des délais de réalisation plus importants. Le gouvernement a adopté un décret de réquisition de la Jirama afin de lui permettre de signer directement un contrat d’achat de groupes électrogènes diesel d’une puissance de 18 MW et de transformateurs électriques auprès de la société TWCM Holding Co. Ltd.
Un second décret prévoit l’expropriation de transformateurs électriques appartenant à « Madagascar Utilities », à Ambohimanambola, puis leur transfert vers la centrale de la Jirama à Toamasina, afin de garantir la continuité du service public de l’électricité. Interrogé sur ces décisions, le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radonirina Lucas Rabearimanga, a tenu à clarifier les priorités de l’action publique.
« Pour faire face à la crise actuelle, le gouvernement a fait du déploiement de groupes électrogènes une priorité absolue. Plus de 56 sites répartis dans les 24 régions de l’île ont été dotés de ces équipements au cours des six derniers mois », a-t-il indiqué hier, lors du lancement officiel du séminaire international du TC 2.3, consacré au transport routier de marchandises, qui se tient au Novotel Alarobia du 3 au 6 novembre.
Le ministre a également évoqué d’autres projets, notamment l’installation de centrales solaires, dont le processus de lancement a été engagé en avril, ainsi que le développement de centrales hydroélectriques. Ces infrastructures ne permettraient toutefois pas de répondre aux besoins immédiats.
Résultats positifs
« La mise en place de ces structures énergétiques pérennes nécessite des années de concrétisation », a-t-il poursuivi. Selon le ministre, les groupes électrogènes déjà installés ont produit des résultats positifs. « Cette politique a permis d’injecter 97 MW de production additionnelle en un semestre », a-t-il souligné, estimant que la production d’électricité s’est améliorée.
Sur le terrain, la situation serait « un peu meilleure » que l’année dernière. « En ce moment, le réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA) affiche une capacité de 256 MW durant les heures de pointe, soit à peu près la même capacité qu’il y a un mois », indique une source auprès de la Jirama, hier. Cette source précise que la production a connu une amélioration au cours de la dernière semaine grâce aux opérations ciblées de pluies provoquées à Andekaleka.
À Toamasina, où les délestages ont durement touché la ville au mois d’octobre, les coupures se sont sensiblement atténuées. Selon la Jirama Atsinanana, les coupures tournantes ont diminué et ne concernent plus que la plage horaire nocturne. Le déficit résiduel est évalué à 2 MW, pour un besoin de 30 MW. « Cette accalmie devrait se confirmer avec l’arrivée imminente de nouveaux groupes électrogènes d’une capacité cumulée de 5 à 7 MW », indique la source.
Toutefois, la fragilité de cet équilibre demeure une préoccupation majeure. Météo Madagascar prévoit plusieurs épisodes secs pour les mois de novembre et décembre. La réalisation de nouvelles opérations de pluies provoquées pourrait ainsi être compromise, faisant peser le risque d’une baisse de la production et d’un creusement du déficit énergétique. « C’est précisément cette vulnérabilité structurelle qui justifie le maintien et le renforcement du parc thermique d’appoint », indique notre source. Du côté des techniciens, l’accueil de ces solutions thermiques est empreint de pragmatisme. « Les groupes électrogènes constituent un moyen efficace d’augmenter rapidement la production, mais les contraintes liées à leur exploitation sont loin d’être négligeables, surtout lorsqu’ils fonctionnent au gazole. Ils engendrent des coûts de fonctionnement élevés, auxquels s’ajoutent les dépenses d’approvisionnement en huile et en pièces de rechange », expliquent-ils.
Le chef de l’État a récemment rappelé que l’État avait accordé à la compagnie nationale des subventions colossales, évaluées à un millier de milliards d’ariary en l’espace d’un an. Ce soutien financier massif souligne l’ampleur des moyens mobilisés pour redresser le secteur de l’énergie à Madagascar, mais aussi l’urgence de trouver des solutions durables aux difficultés de la Jirama.
Miangaly Ralitera
