« Même avec peu de moyens, je veux lui venir en aide », confie Rolf. Face à la dégradation de l’état de santé de Bekoto, les artistes se mobilisent pour réunir les fonds nécessaires à sa prise en charge médicale.
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| Les artistes mobilisés sur scène lors du concert de solidarité en faveur de Bekoto. |
Il est malade et a besoin d’aide. Même si je ne peux apporter qu’une petite contribution, je veux faire quelque chose », explique l’artiste Rolf. C’est dans cet esprit de solidarité que l’artiste s’est engagé parmi les principaux organisateurs d’une mobilisation en faveur de Bekoto, membre emblématique du groupe Mahaleo. Confronté à des problèmes de santé nécessitant des examens approfondis et une évacuation sanitaire à l’étranger, le musicien bénéficie du soutien de ses pairs, qui ont décidé de mettre leurs talents au service de cette cause.
Le premier rendez-vous s’est tenu hier, dimanche 1er novembre, à Ivokolo Analakely. Plusieurs artistes ont répondu à l’appel, notamment Lemanana, Nanah Gona, Mozika Fototra, Jovin, Mahera, Peter Fidy, Odeamson et Faith. Réunis autour de la musique de variété, du folk, du ba-gasy et des compositions à textes, ils ont proposé un moment musical placé sous le signe du partage. Les sonorités acoustiques, traditionnelles et parfois teintées de rock fusion ont ainsi accompagné cette initiative destinée à collecter des fonds pour les soins de Bekoto.
À l’origine de cette démarche, Rolf explique avoir été touché par la situation de son aîné et collègue. « Quand j’apprends qu’un artiste avec qui je partage le même métier est malade et a besoin d’aide, cela me touche. Je me suis dit que, même avec les moyens dont je dispose, je pouvais apporter ma contribution », confie-t-il. Il a alors lancé un appel sur les réseaux sociaux afin de réunir les artistes, les prestataires de sonorisation et toutes les personnes désireuses de participer. « Chacun donne ce qu’il peut. L’objectif est de récolter de l’argent pour lui venir en aide », précise-t-il. Une mobilisation qui, selon lui, pourrait encore s’élargir.
La solidarité se poursuivra ce mercredi au No Comment Bar, à Isoraka. Meizah, Deos, Elatra, Lal, Rolf et Jahleone sont annoncés pour ce second concert. Directeur général de l’Office national des arts et de la culture (OFNAC), Christian Rabekoto salue cette initiative placée sous le signe de l’unité et du fihavanana. « Cette mobilisation est pour Bekoto, mais aussi pour la solidarité et le fihavanana », souligne-t-il.
Figure emblématique
Il précise que l’artiste n’est pas actuellement au pays et que les premiers signes de sa maladie sont apparus alors qu’il participait à une activité artistique à l’étranger. Afin de garantir la bonne transmission des contributions, un membre de sa famille sera chargé de les réceptionner avant leur acheminement auprès du malade. Il invite également les artistes qui n’ont pas encore été informés à rejoindre le mouvement.
Membre incontournable de Mahaleo, Bekoto compte parmi les grandes figures de la musique. Son parcours au sein de cette formation a contribué à inscrire durablement son nom dans le patrimoine musical national. Mais derrière cette mobilisation se trouve une situation sanitaire préoccupante. Depuis l’agression dont il a été victime à Antsirabe en 2023, au cours de laquelle il aurait reçu des coups à la tête avec un morceau de bois, sa santé s’est progressivement détériorée. Selon son fils Popoly, plusieurs tentatives de soins ont été effectuées au HJRA, dans la discrétion, depuis cet épisode. Son état nécessite désormais des examens approfondis et une hospitalisation afin de déterminer précisément la maladie dont il souffre. Un déplacement à l’étranger est envisagé en novembre pour poursuivre les investigations et entreprendre les soins nécessaires.
Malgré sa santé fragile, Bekoto continue d’accompagner Mahaleo et les Taranaka dans leur tournée européenne « Revy Mahaleo – Fihavanana tsy ravan’ny taona », qui se poursuit jusqu’en décembre. Face aux dépenses qu’implique une prise en charge médicale à l’étranger, la famille remercie les personnes qui ont déjà apporté leur soutien, ainsi que le ministère de la Communication et de la Culture pour son appui.
Cassie Ramiandrasoa
