APPROVISIONNEMENT EN EAU - Les projets hydrauliques allègent le problème

À Antananarivo, l’accès à l’eau reste irrégulier dans plusieurs quartiers, alors que des travaux sont engagés pour renforcer la production.

Le bidon jaune, un récipient indispensable pour stocker l’eau au quotidien.

À Ambohitrarahaba, un habitant rapporte être resté plus d’une semaine sans eau. Certains ménages achètent un bidon entre 700 et 1 000 ariary, voire davantage, tandis que d’autres attendent la nuit pour remplir leurs réserves. À Avaradoha, autour du marché, à Ambodivona et à Ambohimanarina, l’eau ne coulerait parfois qu’entre 2 heures et 5 heures du matin. Un bidon de 20 litres coûte entre 500 et 1 000 ariary. Plus de 200 ménages dépendraient d’un seul point d’eau collectif.

Ces difficultés ne s’expliquent pas uniquement par les volumes produits. L’état des conduites, le fonctionnement des pompes et la situation géographique des quartiers influencent la distribution. La Jirama lie les perturbations récentes au raccordement de la nouvelle unité de production de Mandroseza au réseau existant. Plusieurs pompes ont été arrêtées pendant six heures. Après leur redémarrage, les conduites doivent se remplir progressivement, ce qui retarde le retour de l’eau dans les zones élevées et éloignées. Des tours d’eau et des camions-citernes sont maintenus dans les secteurs concernés.

Produire davantage et mieux distribuer

Selon le professeur Henri Rasamoelina, spécialiste de la gestion des ressources en eau, Antananarivo aurait besoin de 300 000 m³ par jour, contre une capacité de production estimée à 200 000 m³. Le déficit atteindrait ainsi 100 000 m³ par jour. Le renforcement de Mandroseza a ajouté 30 000 m³ à la production quotidienne, sans couvrir tous les besoins. Les pertes dans les canalisations pourraient aussi atteindre 20 % en raison de leur dégradation. Produire davantage ne garantit pas que toute l’eau arrive aux robinets.

Le projet d’Amoron’Ankona doit augmenter l’offre. Alimentée par l’Ikopa, la future usine devrait produire 50 000 m³ par jour. Le projet prévoit 23 kilomètres de conduites et un réservoir de 1 500 m³ à Ambohibe. Sa mise en service est attendue vers la fin de 2027. Cet apport réduirait une partie du déficit, sans le supprimer. L’acheminement de l’eau jusqu’aux quartiers dépendra aussi de la capacité du réseau.

Le professeur Henri Rasamoelina, spécialiste des questions liées à la gestion des ressources en eau, propose également de construire des barrages et des retenues près des prises d’eau de la Jirama afin de stocker une partie des eaux qui s’écoulent vers la mer. Il préconise aussi la protection des sources par le reboisement. Il avance un taux de couverture forestière de 9 %, contre un objectif de 35 %.

Les travaux de remplacement des gros compteurs à la Route Digue, annoncés dans le cadre du Projet d’amélioration de l’accès à l’eau potable financé par la Banque mondiale, devaient perturber, le 1er novembre, la distribution à la Route Digue, Andohatapenaka, Ambodihady et Ambodimita. L’information sur les quartiers touchés, la durée des travaux et les délais de rétablissement reste donc essentielle au dialogue entre les habitants, la Jirama et les autorités. L’amélioration durable repose sur une production adaptée, des réseaux entretenus, une meilleure gestion des ressources et une information accessible aux usagers.

Fanilo Mampianintsoa

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