TECHNOLOGIE - Deux Malgaches sur dix connectés à Internet

Si les réseaux 3G et 4G couvrent plus de 80 % de la population, leur utilisation reste limitée. Le coût des smartphones figure parmi les freins avancés par les opérateurs.

Les opérateurs télécoms avec les responsables  de la GSMA, hier au Novotel Alarobia.

Un écart persiste entre la couverture du réseau mobile et l’utilisation d’Internet dans la Grande Île. Dans un rapport présenté hier à Alarobia, la GSMA, l’association mondiale des opérateurs mobiles, dresse un état des lieux de l’économie numérique à Madagascar. Selon cette étude, les réseaux 3G et 4G couvraient 81 % de la population en 2026. Un tiers de la population rurale restait hors de portée de la 4G. L’écart d’usage, qui désigne les personnes couvertes par le haut débit mobile mais ne l’utilisant pas, concernait 66 % de la population.

Bien que le marché de la téléphonie mobile ait connu une forte croissance, avec un nombre total de connexions passé de 12,3 millions en 2021 à 22,5 millions en 2025, l’utilisation d’Internet mobile reste faible. « En 2025, le taux de pénétration des abonnés mobiles uniques atteignait 44,6 % de la population et 14,3 % de celle-ci utilisait Internet mobile, ce qui signifie qu’environ un tiers des abonnés mobiles utilisaient Internet », indique la GSMA.

Freins

Les dirigeants des opérateurs de téléphonie mobile présents ont souligné plusieurs freins à l’accès à Internet. «Il s’agit d’abord d’un problème de terminaux numériques. En d’autres termes, les smartphones, même d’entrée de gamme, coûtent cher et sont soumis à de sévères taxations. 47 % du prix final du smartphone est constitué de taxes», affirme Benoît Janin, directeur général de Yas Madagascar.

Un constat partagé par les autres opérateurs, notamment Orange Madagascar et Airtel, représentés au Novotel Alarobia. « Le coût de l’équipement qui permet d’avoir accès à Internet est rédhibitoire. Pour démocratiser Internet, il est nécessaire de revoir les taxations des smartphones. Pas forcément les plus chers, mais ceux qui sont à la portée de tous », souligne Anne Catherine Tchokonté, directrice générale d’Airtel.

Les débats autour de la détaxation partielle ou totale des terminaux numériques ne sont pas nouveaux. Bien que les opérateurs aient plaidé en faveur d’allègements fiscaux, la loi de finances rectificative de cette année maintient les taxes sur ces équipements. Le texte fait état d’une taxation des smartphones de 47 % : 20 % de droits de douane, une TVA de 20 %, 6 % de taxes au titre du Fonds de service universel (FSU) et de la connectivité, et 1 % pour la régulation. Les opérateurs plaident pour une détaxation de ces terminaux, ainsi que pour une stratégie permettant d’élargir l’assiette fiscale.

La GSMA estime que les réformes numériques pourraient connecter 1,12 million de personnes supplémentaires à Madagascar et ajouter 4 100 milliards d’ariary au PIB d’ici 2031. 

Itamara Otton

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