Le ministère de la Justice, par l’intermédiaire de sa direction de la Communication, a publié hier, 14 octobre 2026, un communiqué officiel concernant l’enquête menée à la suite de l’affaire du transfert de onze détenus de la prison d’Avaradrano vers celle d’Antanimora. Selon ce rapport officiel, des détenus ont été libérés clandestinement, sans que les autorités hiérarchiques supérieures en soient informées et sans qu’aucune autorisation officielle écrite ait été délivrée.
L’enquête aurait révélé deux faits distincts. Le premier s’est produit le vendredi 21 août 2026. Cinq détenus, admis à la prison à 19h 10, ont été libérés à 20 heures, soit 50 minutes après leur admission. Le second fait remonte au mardi 25 août 2026. Six autres détenus, admis à 9h 38, ont été libérés à 10h 10, soit seulement 32 minutes plus tard.
D’après les résultats de l’enquête rapportés par le ministère de la Justice, le surveillant pénitentiaire qui occupait alors le poste de « chef de poste » aurait facilité la libération de ces détenus. Le communiqué évoque également une complicité présumée de certains membres du bureau du Syndicat des personnels de l’administration pénitentiaire malgache (SPFM), ainsi que du secrétaire général du syndicat. Ce dernier avait pourtant rejeté la responsabilité du syndicat dans cette affaire, affirmant que les actes avaient été accomplis sur la base d’ordres reçus de hautes autorités.
Le ministère de la Justice a toutefois souligné que « la faute d’un individu ne doit pas engager l’ensemble du syndicat », tout en précisant qu’il n’était pas question de défendre des injustices dans le milieu professionnel.
Le communiqué adresse également un message particulier au président du syndicat, l’invitant à ne pas poursuivre ni protéger les personnes ayant enfreint la loi. L’affaire étant désormais entre les mains de la justice, celle-ci devra déterminer les responsabilités de chacun, conformément aux directives du président de la République, le colonel Michaël Andrianirina, en faveur de la lutte contre la corruption et du respect de l’État de droit.
AR.