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| Julienne Norohasimbola, lauréate du Prix Expérience digitale d’Ant’Sary Doc Mada entourée des organisateurs. |
Prix Expérience digitale à Ant’Sary Doc Mada, Mialy marque une nouvelle étape dans le parcours de cette cinéaste autodidacte, qui passe progressivement de la fiction au documentaire.
Raconter beaucoup avec peu. C’est autour de cette approche que Julienne Norohasimbola a conçu Mialy, un très court portrait documentaire consacré à une jeune femme qu’elle souhaitait montrer au-delà du regard porté sur elle. Récompensée du Prix Expérience digitale lors de la quatrième édition d’Ant’Sary Doc Mada, l’œuvre lui offre une nouvelle reconnaissance et ouvre surtout la voie à son développement en documentaire de création.
« Le prix est évidemment une belle reconnaissance. Ça me donne surtout envie de continuer », confie Julienne. Pour elle, la création prend tout son sens lorsque le public reçoit ce que l’artiste cherche à transmettre. Avec Mialy, son intention n’était pas de définir ou d’expliquer son sujet, mais de créer une véritable rencontre avec elle. Pensée pour un espace numérique, l’œuvre associe image, texte, son et rythme afin de proposer une expérience audiovisuelle et poétique.
Le tournage a toutefois imposé une contrainte importante : l’équipe disposait d’environ une heure pour capturer l’essentiel.
Beaucoup avec peu
« C’était un vrai défi de raconter beaucoup de choses en très peu de temps, tout en gardant une émotion et une vraie personnalité au projet », explique-t-elle. Cette capacité à suggérer plutôt qu’à tout expliquer semble avoir marqué le jury. « J’aime raconter beaucoup avec peu, et laisser une place aux images, au son, au texte et au rythme pour faire ressentir plutôt que tout expliquer », souligne la cinéaste.
La distinction obtenue à Ant’Sary Doc Mada ne constitue pas son premier prix. En 2025, Julienne avait reçu le Prix du public pour Manandona : An Untamed Path, une expérience immersive permettant au spectateur d’explorer le territoire de Manandona dans une approche proche du jeu vidéo. Cette nouvelle récompense confirme ainsi son intérêt pour des formes de narration qui placent le spectateur au cœur de l’expérience.
Le parcours de Julienne s’est construit en autodidacte. Elle commence le cinéma en 2024, accompagnée à ses débuts par un mentor et ami. Elle apprend principalement par la pratique, en réalisant des projets, en expérimentant, en commettant des erreurs et en recommençant. « Petit à petit, j’ai aussi cherché à trouver ma propre voix, en partant de mes expériences et de celles des personnes qui m’entourent », raconte-t-elle.
Passionnée depuis longtemps par l’écriture et l’imagination d’univers, elle trouve dans le cinéma un moyen de donner une forme réelle aux mondes qu’elle construit dans son esprit. « Le cinéma me permet de donner une forme réelle à des mondes que j’ai d’abord imaginés dans ma tête, et de les partager avec d’autres personnes », résume-t-elle.
Cinéaste autodidacte et photographe de paysages, Julienne s’est d’abord construite autour de la fiction. L’un de ses films a notamment voyagé jusqu’au Québec, au Manitoba et au Cameroun à travers différents festivals. Son goût pour l’exploration l’a également conduite vers des expériences comme Manandona. Aujourd’hui, elle s’ouvre davantage au documentaire, une évolution qui l’amène à observer et à écouter autrement les personnes et les réalités qu’elle filme.
Cassie Ramiandrasoa
