La saison cyclonique 2026-2027 s’annonce plus calme. L’épisode El Niño en cours influe sur la formation et la trajectoire des cyclones.
Un nombre inférieur de cyclones à la normale est attendu cette saison. « Entre zéro et deux cyclones pourraient toucher directement le pays », a annoncé Anzela Mamiarisoa Ramarosandratana, cheffe du service des recherches sur la variabilité climatique auprès de la Direction générale de la météorologie, hier, lors de l’annonce des perspectives climatiques pour la saison chaude et humide 2026-2027.
Sous l’influence du phénomène El Niño, les trajectoires des cyclones tropicaux devraient s’orienter principalement vers le sud. Par conséquent, le risque d’atterrissage est considérablement réduit sur les côtes de Madagascar, selon la déclaration de la quinzième session du Forum de prévision climatique pour le sud-ouest de l’océan Indien (SWIOCOF-15). En trente ans, Madagascar a connu deux saisons cycloniques sans aucun cyclone. La dernière remonte à 2016.
Sécheresse importante
Cette tendance ne doit pourtant pas faire baisser la garde. « Avec le réchauffement climatique, l’enjeu n’est plus tant le nombre de cyclones que leur impact. Même un seul phénomène peut provoquer des dégâts considérables à Madagascar », enchaîne Anzela Ramarosandratana. En février 2025, le cyclone tropical intense Gezani a, par exemple, ravagé Toamasina, tué plus de 60 personnes et fait près de 500 000 sinistrés, selon la BNGRC. Gamane, en mars 2024, a détruit deux ponts à Ambilobe, en plus des dégâts humains.
Cette saison d’été est aussi marquée par une période sèche. « Les régions du Sud et de l’Ouest seront particulièrement sèches, surtout en novembre, décembre et janvier. C’est au mois de janvier que l’on observera un été extrêmement sec », indique Zo Rakotomavo, directeur des recherches et développements hydrométéorologiques. Les régions de Melaky, du Centre-Ouest, du Menabe, du Sud-Ouest, de l’Anosy et de l’Androy connaîtraient une sécheresse importante en janvier.
Par ailleurs, dans le Nord et l’Est de l’île, en général, d’octobre à avril, les conditions seront proches de la normale ou plus humides.
« C’est pourquoi l’on redoute des risques de déficit pluviométrique au Sud et à l’Ouest, tandis que dans le Nord et l’Est, on craint plutôt des risques de fortes pluies, de glissements de terrain ou de précipitations torrentielles susceptibles de provoquer des inondations », expliquent les techniciens de la Direction générale de la météorologie.
Un nouveau record de température pourrait également se produire cette saison. « Une chaleur excessive, c’est-à-dire des températures anormalement élevées, touchera la quasi-totalité de l’île. Si l’on y regarde de plus près, les mois de novembre et de février risquent de présenter de fortes anomalies chaudes, c’est-à-dire des températures bien supérieures à la normale », expliquent-ils.
Miangaly Ralitera