La plateforme des écoles privées de Madagascar a suspendu les cours toute la journée, hier à Mahajanga.
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| Le porte-parole de la plateforme des écoles privées (en jaune). |
Les enseignants ainsi que les chefs d’établissement se sont rendus au siège de la Cisco de Mahajanga, dans le fokontany de Manga. Ce déplacement avait pour objectif de protester contre la mise en œuvre du nouveau programme éducatif à Madagascar. Son application rapide suscite des inquiétudes et des tensions, en particulier au sein de l’enseignement privé.
La plateforme de l’enseignement privé constate un manque de préparation, l’absence de manuels scolaires adaptés et des difficultés d’organisation face à ces changements majeurs.
« Nous appelons les responsables à ne pas précipiter les changements, mais plutôt à s’assurer d’abord que les établissements disposent du matériel et de la préparation nécessaires », a déclaré son porte-parole, le père François Xavier Rakotomamonjy.
La plateforme juge déjà satisfaisante la modification de l’examen du baccalauréat en 2027, décidée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, notamment la suppression des séries A, C et D au profit de trois nouvelles grandes séries. Elle conteste toutefois la décision du ministère de l’Éducation nationale, datée du 18 septembre dernier, qui oblige les établissements publics et privés à appliquer le programme éducatif (PE). Selon son porte-parole, cette mesure ne correspond pas à la réalité du terrain et doit encore être étudiée.
Étapes à franchir
Le père François Xavier Rakotomamonjy reproche également au ministère de ne pas avoir organisé un conseil national de l’éducation. Il souligne que les expérimentations menées dans les lycées pilotes ont montré que six étapes restent à franchir avant l’application de la réforme. «Où sont les formations destinées aux enseignants pour mettre en œuvre le programme ? Les documents du programme éducatif circulent sur les réseaux sociaux, mais nous ne les avons pas reçus. Par ailleurs, ils sont payants», déplore-t-il.
Les modalités de l’examen du CEPE restent également floues, selon la plateforme, tout comme celles des options A et B à l’examen du BEPC. « Nous ne cherchons pas à entrer en conflit, mais plutôt à être consultés et à négocier », précise le porte-parole. La plateforme souhaite ainsi une réunion avec les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Éducation nationale, ainsi que de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
Les résolutions ont été remises au chef de la Cisco de Mahajanga I, Jocelyn Elson. « Je prends acte de ce courrier. Nous allons l’envoyer immédiatement au directeur régional de l’Éducation nationale de Boeny ainsi qu’au ministère de tutelle, et nous attendrons les nouvelles mesures. Nous ne sommes que des exécutants », a indiqué le chef de la Cisco.
Le nouveau système éducatif à Madagascar prévoit une vaste réforme des programmes scolaires, l’introduction de nouvelles disciplines et une refonte des séries du baccalauréat général dès la session 2027.
Vero Andrianarisoa
