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| Des participants à l’atelier de consultation multi-acteurs à l’hôtel Ibis Ankorondrano, la semaine dernière. |
Le bambou, longtemps perçu comme une simple herbe, s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique pour l’économie malgache. Alors que le pays s’oriente vers l’industrialisation de la filière, l’absence de réglementation spécifique constitue un défi majeur pour encadrer l’exploitation de cette ressource aux multiples potentialités. Jusqu’à présent, le bambou circule librement sur le territoire national, sans statut juridique propre. Ce constat a été dressé, la semaine dernière, lors d’un atelier de consultation multi-acteurs consacré au développement des systèmes de marché et des chaînes de valeur du bambou, à l’hôtel Ibis Ankorondrano.
Les acteurs du secteur soulignent l’urgence de mettre en place une réglementation spécifique. L’objectif est d’organiser, de réguler et de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur, de la plantation à la commercialisation, en passant par la production, la transformation et l’exportation. Structurer cette filière permettrait de mieux coordonner les actions de l’État, des projets environnementaux et du secteur privé.
Au-delà de son potentiel industriel, le bambou joue un rôle écologique fondamental. « Il contribue à l’amélioration des sols dégradés, prévient l’érosion lors des fortes pluies et protège les bassins versants», a expliqué à cette occasion Tojotsara Ratefason, directrice des Aires protégées, des ressources naturelles renouvelables et des écosystèmes au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable. Pour le ministère, cette démarche s’inscrit dans une logique de durabilité : la préservation de la nature doit s’accompagner de retombées socio-économiques directes pour les populations locales, notamment par la création d’emplois verts pour les jeunes et les femmes.
Cette démarche s’appuie sur une dynamique amorcée avec l’adhésion de Madagascar à l’Organisation internationale sur le bambou et le rotin (INBAR) en 2004, puis l’établissement d’une politique sectorielle en 2018. En se dotant d’un cadre réglementaire adapté, Madagascar entend sécuriser sa production et faire de cette ressource naturelle un véritable moteur de croissance économique durable.
Miangaly Ralitera
