FONDS SECTORIELS - Le secteur de l’élevage recherche des financements

Madagascar cherche à mobiliser des fonds pour développer son élevage. Il faudrait plus de 1 700 milliards d’ariary pour restructurer la filière.

La filière élevage pèse 13 % du PIB national.

Longtemps négligé, l’élevage souffre d’un sous-investissement chronique. Les cartes doivent être redistribuées pour garantir la croissance de ce secteur qui pèse 13 % du PIB national. Hier, lors des panels de haut niveau organisés au Carlton Anosy, les discussions ont porté sur ses besoins financiers ainsi que sur la répartition optimale des ressources. Selon les estimations du ministère de tutelle, plus de 1 700 milliards d’ariary (soit plus de 400 millions de dollars) seraient nécessaires pour impulser un véritable décollage.

Ces ressources permettraient de financer les différentes branches qui composent le secteur dans le pays et de générer des emplois massifs. D’après les analyses macrobudgétaires de l’Unicef sur l’agriculture, l’élevage et la pêche (AEP), l’élevage n’a capté que 5,7 % du budget agricole public. Un niveau bien inférieur aux 10 % d’investissements sectoriels recommandés à l’échelle continentale par la Déclaration de Maputo. De plus, le secteur dépend à 78 % des bailleurs de fonds extérieurs.  

Après la finalisation du Plan directeur de l’élevage, les échanges s’orientent désormais vers la mobilisation des partenaires et des capitaux requis. 

Obstacles structurels

« Ce plan permettra d’optimiser les filières porteuses. Nous avons impérativement besoin de plus de fonds pour développer cette activité. Les chantiers sont vastes, ne serait-ce que pour la filière bovine, ovine ou caprine », a expliqué devant la presse Riana Nantenaina Randrianomenjanahary, ministre de l’Élevage.  

Les producteurs font face à de nombreux obstacles structurels : l’accès limité aux soins vétérinaires, la faiblesse des rendements, la qualité insuffisante de l’alimentation animale et la forte dépendance aux importations d’intrants (notamment le maïs pour l’aviculture).

La filière bovine, en particulier, peine à s’organiser depuis plusieurs décennies. Les races locales manquent de performances stables en production de lait et de viande pour satisfaire la demande locale. L’amélioration génétique reste limitée, peu encadrée et difficile d’accès pour les petits exploitants. L’absence d’insémination artificielle à grande échelle freine la diffusion des spécimens améliorés. Par ailleurs, la disponibilité et la qualité de la nourriture animale constituent un frein majeur, alors que le pays pourrait en faire un véritable levier économique. La Banque mondiale, la FAO et l’International Livestock Research Institute se positionnent ainsi comme des partenaires clés pour attirer des investissements stratégiques.  

Les financements ciblés visent à stimuler la productivité globale. Le Plan directeur ambitionne d’augmenter de 17 % la production de viande rouge, de 75 % celle de viande blanche, et de faire passer la production laitière de 15 % actuellement à 52 %. Il prévoit également une hausse de 22 % à 34 % des revenus issus de l’élevage des petits ruminants, ainsi qu’une baisse de la mortalité animale grâce au renforcement des services vétérinaires.  

Itamara Otton

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