FIÈVRE D’EBOLA - Les voyageurs en provenance du Kenya suivis de près

L’épidémie d’Ebola progresse en Afrique. Madagascar prend des mesures pour s’en protéger.

Des passagers à l’aéroport d’Ivato, le 5 août.

Le ministère de la Santé publique est sur le qui-vive face à la progression d’Ebola en Afrique, et plus particulièrement à la détection de cas au Kenya. « Le danger est imminent, avec les vols qui relient directement Madagascar à ce pays, cinq fois par semaine », indique une source auprès du ministère de la Santé publique, samedi. Le ministère indique avoir renforcé son personnel à l’aéroport international d’Ivato pour surveiller l’état de santé de chaque passager en provenance de Nairobi et leur faire remplir une fiche sanitaire. « Nous avons renforcé nos équipes de surveillance aux frontières, à l’aéroport d’Ivato, afin que la prise en charge à l’arrivée ne soit pas retardée », a poursuivi cette source.

Contrairement aux voyageurs venant de la République démocratique du Congo, principal foyer de l’épidémie pour le moment, ceux du Kenya ne sont pas placés en quarantaine de 21 jours. « Nous ne disposons pas d’infrastructures pour accueillir les 500 à 600 passagers qui arrivent chaque semaine par ce vol », explique la même source. Ces passagers sont toutefois sous surveillance. « Nous les appelons fréquemment pour connaître l’évolution de leur état de santé», poursuit-elle. 

Suspicion écartée

Madagascar n’enregistre aucun cas d’Ebola, selon le ministère de la Santé publique, ce week-end. « Il y a eu un passager en provenance du Kenya qui présentait de la diarrhée (ndlr : un symptôme d’Ebola). Mais après analyse du prélèvement, la suspicion a été écartée », précise un responsable auprès du ministère.

Madagascar retient son souffle. L’arrivée de la maladie pourrait être dangereuse. « Matériellement, nous ne sommes pas assez préparés. Nous ne disposons pas d’assez d’équipements de protection individuelle, et l’infrastructure où nous accueillerons les malades n’est pas encore totalement prête », confient des responsables. Face à Ebola, les soignants doivent porter un équipement très protecteur, qui ne laisse aucune partie de la peau visible. Les recommandations prévoient notamment deux paires de gants, une combinaison étanche et imperméable, un masque respiratoire, ainsi qu’un écran facial ou des lunettes couvrantes. Il ne serait pas non plus prévu de placer les malades dans un établissement hospitalier, « pour éviter que la maladie ne touche les patients des hôpitaux ». Des responsables au niveau du ministère insistent sur le fait qu’Ebola n’est pas comparable à la Covid-19. Compte tenu de l’évolution des cas en République démocratique du Congo, Ebola se propage rapidement et est fortement mortelle (ou «mortel» selon l’accord). Le Monde rapporte, le 24 octobre, 9 700 cas et 4 600 décès en République démocratique du Congo.

Pour les professionnels de santé, empêcher l’arrivée d’Ebola à Madagascar reste une priorité absolue. La semaine dernière, le ministère de la Santé publique a consulté l’Académie nationale de médecine de Madagascar afin de recueillir son avis scientifique sur cette épidémie. Une décision devrait être prise au cours de cette semaine concernant Ebola.

Miangaly Ralitera

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