ÉDUCATION - Des écoles se retrouvent dans l’embarras du choix

La Plateforme des directions nationales de l’enseignement privé (PDNE) et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique se sont entendus sur l’examen du baccalauréat. 

Andovola Rabetsimba, directrice du lycée privé Diadema à Ampatsakana.

L’annonce d’options A, C et D au sein des catégories L et S pour le baccalauréat 2027, faite par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique lors d’une réunion avec les acteurs de l’éducation du privé, le 1er octobre, change la donne pour les établissements scolaires privés. Après la publication du décret supprimant ces anciennes séries, au début de cette année scolaire, certaines écoles privées avaient déjà appliqué le nouveau programme et ont remplacé les séries A, C et D par les séries Littéraire, Scientifique et Organisation-Société-Économie. « Nous ne savons pas quel programme appliquer, après cette nouvelle décision. L’ancien et le nouveau programme sont différents. Le nouveau est bon, mais nous avons des difficultés avec les documents », indique Andovola Rabetsimba, directrice du lycée privé Diadema à Ampatsakana, hier. Un autre lycée privé qui a déjà choisi cette voie, pareillement, est certain que parmi ses candidats au baccalauréat, certains vont opter pour les anciennes séries. « Les élèves jugent l’ancien programme plus simple, avec des coefficients plus abordables dans les matières de base. Pour eux, le choix est donc évident. La situation est plus compliquée pour nous, qui avons déjà commencé le nouveau programme et les nouvelles séries », lance un responsable pédagogique d’une école privée. 

Réflexion

Dans les lycées publics, dont la plupart appliquent les nouvelles séries depuis quelques années, cette nouvelle décision ne change pas grand-chose. « En tant qu’établissement public, nous maintenons, certainement, ce qui a été décidé en début d’année. Le programme enseigné, cette année, correspond d’ailleurs à cette décision », lance un enseignant. Les écoles confessionnelles catholiques n’ont pas non plus cette difficulté. « Cette décision nous arrange encore plus, car nous avons commencé l’année scolaire avec l’ancien programme et les anciennes séries », indique le père Jules Ranaivosoa, secrétaire général de la Commission épiscopale pour l’éducation et l’enseignement catholique.

Les écoles qui ont déjà fait le pas vers le nouveau programme prennent le temps de la réflexion. La décision se prendra en réunion avec les parents d’élèves. « Nous attendons que l’État publie l’analyse des épreuves pour trancher. Le choix des candidats en dépend», explique Andovola Rabetsimba.

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique souligne que la nouvelle décision n’est pas un retour en arrière. « Les anciennes séries (A, C, D) ne reviennent pas complètement sous leur ancienne forme, mais il s’agit d’une période de transition pour faciliter le passage au nouveau programme», indique un responsable auprès du ministère.

Ainsi, le nouveau système est maintenu. « Les trois grandes catégories de la réforme, dont L pour Littéraire, S pour Scientifique et OSE pour Organisation-Société-Économie, restent la base officielle du nouveau programme d’enseignement », poursuit notre source.

Ce ministère et les écoles privées se seraient mis d’accord pour intégrer des sous-options familières au sein de ces nouvelles catégories, pour le baccalauréat 2027. Dans la catégorie L, les candidats ont la possibilité de choisir entre l’option L, A1 ou A2. Dans la catégorie S, ils peuvent choisir entre l’option S, C ou D. « Ce qui permet de retrouver les profils traditionnels axés sur les mathématiques poussées ou les sciences de la vie et de la Terre», précise notre source.

Le ministère de l’Enseignement supérieur confirme qu’il s’agit d’une transition pour les élèves de terminale qui étaient en première A, C ou D l’an dernier, ainsi que pour les redoublants de ces séries. Les écoles catholiques et d’autres écoles privées maintiennent pour leur part leur position. « Le nouveau programme d’enseignement comporte encore de nombreuses zones d’ombre», insiste le père Jules Ranaivosoa.

Miangaly Ralitera

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