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| Un véhicule d’auto-école sur l’Avenue de l’Indépendance. |
Pour décrocher son permis à Madagascar, savoir conduire et connaître le code de la route ne suffisent pas. Les candidats doivent aussi maîtriser d’autres matières. « L’examen porte sur quatre modules: le code de la route, la sécurité routière, les notions de mécanique automobile et le civisme, en plus de l’épreuve pratique de conduite. La maîtrise de l’ensemble de ces modules est indispensable pour réussir », précise le Dr Adrien Rajaonarivelo, examinateur au niveau de l’Agence des transports terrestres (ATT), hier.
Tout commence en auto-école. La formation théorique couvre le code de la route et les bases de la conduite, complétées par des notions de civisme, de sécurité routière et de mécanique. La formation pratique applique ensuite théorie et pratique conjointement sur le terrain. « La durée des formations dépend des capacités de chaque candidat : en formule accélérée, dix jours peuvent suffire pour maîtriser les bases, mais l’apprentissage peut s’étendre jusqu’à un mois et demi », explique Jacky Abdou Gérard, propriétaire de l’auto-école Jacky à Ampasamadinika.
Selon l’ATT, seuls les candidats formés et présentés par une auto-école sont autorisés à passer l’examen. Celui-ci se déroule en deux étapes : une épreuve théorique portant sur la connaissance du code de la route, qui évalue la connaissance de la réglementation, puis la conduite, qui vérifie l’aptitude à manipuler le véhicule tout en respectant le code. Seuls les candidats ayant réussi l’épreuve théorique accèdent à l’épreuve pratique. Les candidats admis sont ensuite orientés vers le Centre d’immatriculation de Madagascar (CIM) pour la délivrance du permis.
Pourtant, le dispositif présente des failles. La formation elle-même a ses limites. Mamy Rajaonarison, impliqué dans un accident non mortel à Ankadindramamy en 2024, en témoigne : « Je n’ai pu effectuer que quatre séances de conduite, c’est ce qui a été inclus dans le forfait. Faute de moyens financiers, je n’ai pas pu ajouter d’heures supplémentaires. Je me suis donc entraîné auprès de proches, mais le résultat était insuffisant. Aussi, comme le code de la route est très dense, je ne le maîtrisais pas entièrement et je n’ai continué à l’apprendre que progressivement, une fois au volant ».
Pour le Dr Adrien Rajaonarivelo, le problème principal des accidents réside dans l’attitude des chauffeurs. « Ce sont souvent les conducteurs expérimentés qui provoquent les accidents. Se croyant pleinement maîtres de leur véhicule, ils adoptent une conduite imprudente et excessive. À l’inverse, les nouveaux titulaires du permis font preuve de plus de prudence », indique-t-il.
Miangaly Ralitera
