Bareanimation

Les Barea ne seront probablement pas qualifiés pour la CAN 2027. Après une défaite et un match nul, ils n’ont qu’une infime chance de finir premier du groupe L, seul qualifié. Ainsi, après 2019 avec une place en quarts de finale, les Barea auront manqué toutes les éditions postérieures. Le beau rêve s’est achevé par une nette victoire contre les Mena du Niger à Niamey en janvier 2020. Un bel élan stoppé par le long confinement durant l’épisode du Covid-19. La suite n’a été qu’une suite d’amères défaites et de dures désillusions.

On a eu beau changer d’entraîneur en faisant appel à l’ancien capitaine du Paris Saint-Germain qui n’a pas eu les coudées franches et dont la mission a été compliquée par des interventions politiques. En se tournant vers le coach Rôrô tout auréolé d’une place en quarts de finale du CHAN 2023  et d’une médaille de bronze au CHAN 2025, dont le rôle s’est soldé par une  démission suite à une série de défaites dans les cinq dernières minutes. En recrutant l’ancien milieu de l’équipe de France, Corentin Martins en 2025. Et il est encore au gouvernail des Barea dont les résultats sont loin de convaincre les « futbolero ». Le recours à plusieurs joueurs de niveau moyen, qui ont des soi-disant ascendants malgaches ou des Malgaches par alliance. Un système où l’équipe est composée d’éléments cosmopolites dont la cohésion n’est pas la force, tant s’en faut.

En plusieurs sorties, l’équipe n’a pas montré une réelle envie de gagner, de mouiller le maillot, de laisser son cœur sur le terrain. Plusieurs joueurs «  étrangers » dont le niveau et l’engagement sont discutables ont été préférés aux joueurs locaux qui ont fait leurs preuves à l’étranger. Un manque de motivation et de gnaque constaté lors des matchs contre le Nigeria et la Tanzanie. On a vu une équipe sans âme, sans volonté, sans cohésion, sans aucune détermination. 

Les impayés de salaire de huit mois de Corentin Martins n’ont rien à voir avec son choix de joueurs et de la prestation de l’équipe. C’est le cas également concernant des joueurs dont les frais de déplacement n’auraient pas été payés. C’est une façon de se couvrir d’un échec patent. Un dérivatif pour trouver un bouc émissaire, pour ne pas toucher au fond du problème. 

La gestion de la FMF et des anomalies ont été maintes fois dénoncées par des anciens internationaux sans que les dirigeants daignent rectifier le tir. Les grosses primes gagnées aux CHAN 2023 et 2025 n’ont pas été réparties comme il le fallait.

Le coach Rôrô a aussi révélé des arriérés de salaire. Face aux critiques de plus en plus acerbes et face aux résultats déplorables des clubs et de l’équipe nationale, le président de la FMF est intervenu à la télévision nationale pour défendre sa paroisse avec des versets dont il était le seul à connaître le sens. Le conflit d’intérêt entre sa fonction de président de club et celle de président de la FMF ainsi que son engagement politique sont pointés du doigt. Au nom de l’éthique et de la morale, c’est un rôle incompatible avec la neutralité et l’intégrité pour diriger une fédération sans parler des compétences pour ce poste. 

L’avenir des Barea repose sur les joueurs locaux qu’on le veuille ou non. Les expatriés auteurs de l’exploit de 2019 sont d’anciens joueurs locaux partis dans de grands clubs en Europe exceptés trois ou quatre joueurs dont l’engagement et le niveau ont fait l’unanimité et l’origine n’a pas été fabriquée sur le papier. La relève se prépare sur place, dans les compétitions nationales dont le niveau laisse à désirer. Il n’y a pas de secret à ce sujet et on ne va pas réinventer la roue. Le football n’est aussi beau que lorsqu’il est joué simplement et avec des joueurs convaincus de leur mission et de l’attachement au pays pour lequel ils jouent. Ce qui manque cruellement aux Barea. C’est aussi simple que cela.

Sylvain Ranjalahy

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