La région Atsimo Andrefana est la seule région de Madagascar où le coton est encore produit. Avec le phénomène El Niño, la production risque d’être fortement compromise.
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| El Ninõ impacte aussi la culture du coton. |
Il n’a pas plu depuis le mois d’août dernier à Analamisampy, une commune rurale du district de Toliara II. La dernière pluie n’a duré qu’une trentaine de minutes, selon les explications recueillies sur place. La plantation de coton de près de 70 hectares de Ludovic Honaly, un grand planteur d’Analamisampy, est actuellement à sec.
« Pour l’heure, nous procédons au défrichement du sol, car nous avons terminé la production il y a près d’un mois. Nous effectuons le labour pour préparer la nouvelle saison, qui devrait débuter au mois de novembre », explique-t-il.
Toutefois, selon Ludovic Honaly, les premières semences ne pourront se développer sans pluie. « La commune rurale d’Analamisampy ne dispose ni de fleuve ni de rivière. L’agriculture dépend uniquement de la pluie et nous organisons le calendrier cultural en fonction de son arrivée. Donc, si vous me dites qu’il y aura un déficit pluviométrique et une sécheresse en raison d’un phénomène climatique, le coton ne survivra pas cette saison », ajoute le planteur.
Ce dernier affirme ne pas avoir été informé de l’existence du phénomène climatique El Niño ni de ses conséquences sur la culture du coton. «Les autres planteurs et moi-même ne sommes pas encore informés de ce phénomène. Mais si nous devons faire face à une sécheresse importante, nous lançons déjà un appel aux autorités compétentes pour qu’elles nous envoient de la pluie artificielle», ajoute-t-il.
Pertes financières
L’aggravation de la sécheresse risque d’empêcher les planteurs d’Analamisampy, l’une des principales zones de production de coton de la région Atsimo Andrefana, d’obtenir une production normale. Cette région est la seule du pays à produire du coton, avec quelque 6 000 tonnes par an, destinées essentiellement à l’exportation.
Lors de la dernière saison, les planteurs de la partie nord de Toliara, jusqu’à Soahazo, ont également rencontré des difficultés financières. «Les collecteurs avec lesquels nous travaillons nous ont imposé un paiement échelonné, car ils disent faire face à des problèmes de trésorerie. La plupart d’entre nous n’ont pas encore été payés en totalité», raconte un petit planteur.
Il souligne que, si la pluie ne revient pas dans un mois ou deux au plus tard, il ne sera plus possible de poursuivre la culture du coton dans ces conditions. « S’il se confirme qu’il n’y aura pas de pluie, nous préférons être avertis dès maintenant afin de ne pas sombrer dans une crise alimentaire ou une grande famine. Nous n’avons d’autre choix que de nous orienter vers le maraîchage, la culture de la canne à sucre ou celle du manioc », ajoute-t-il.
La direction de la Météorologie annonce que la première partie de la saison des pluies sera marquée par un déficit pluviométrique, une sécheresse et des températures élevées. Le gouvernement prépare un dispositif multisectoriel de prévention et de réponse aux effets d’El Niño. Le ministère de l’Eau prévoit notamment la mise en service de 320 systèmes multiusages dans le sud du pays, où des risques de sécheresse sont redoutés.
Mirana Ihariliva
